Salaire maires en 2026 : qui gagne quoi selon la taille de la commune ?

Le salaire des maires n’est pas un salaire au sens juridique du terme. Un maire perçoit une indemnité de fonction, dont le montant maximum est fixé par la loi en fonction d’un seul critère : la population de sa commune.

Ce plafond légal est exprimé en pourcentage de l’indice brut 1027 de la fonction publique, dont la valeur au 1er janvier 2026 est de 4 110,52 euros brut mensuel. Ce que verse réellement une commune peut être inférieur à ce plafond, jamais supérieur.

Le barème 2026 des indemnités de maires, par tranche de population

Le code général des collectivités territoriales (CGCT), à son article L. 2123-23, fixe les taux applicables à chaque tranche démographique. La loi du 22 décembre 2025 a relevé ces plafonds pour plusieurs tranches. Les montants ci-dessous sont des indemnités brutes mensuelles, avant prélèvements sociaux et impôt sur le revenu.

Population de la commune Taux (% de l’IB 1027) Plafond brut mensuel
Moins de 500 habitants 28,1 % 1 155,06 €
500 à 999 habitants 44,3 % 1 820,96 €
1 000 à 3 499 habitants 55,7 % 2 289,56 €
3 500 à 9 999 habitants 58,3 % 2 396,44 €
10 000 à 19 999 habitants 67,6 % 2 778,71 €
20 000 à 49 999 habitants 90 % 3 699,47 €
50 000 à 99 999 habitants 110 % 4 521,58 €
100 000 habitants et plus 145 % 5 960,26 €

Pour les communes de 100 000 habitants et plus, une majoration maximale de 40 % peut s’appliquer, ce qui peut porter le plafond effectif à un niveau nettement supérieur au chiffre de base. Les maires d’arrondissement de Marseille et Lyon relèvent d’un taux distinct, fixé à 72,5 %, soit 2 980,13 euros brut mensuel.

La grande majorité des 35 000 communes françaises se situe en dessous de 10 000 habitants. Le maire type en France perçoit donc une indemnité qui reste en deçà de 2 500 euros brut par mois.

Une confusion courante consiste à traiter le plafond légal comme le montant effectivement perçu. Ce n’est pas le cas. Le conseil municipal vote le montant réellement versé lors d’une délibération, et ce montant peut être inférieur au plafond.

Si une délibération antérieure fixait déjà une indemnité inférieure, elle reste applicable tant que le conseil ne vote pas une nouvelle délibération. La hausse des plafonds introduite par la loi du 22 décembre 2025 ne se traduit donc pas automatiquement par une augmentation des indemnités versées : elle ouvre une possibilité, elle ne crée pas une obligation.

Pour connaître ce que perçoit réellement un maire, il faut consulter les délibérations de la commune, pas seulement le barème national.

Maire femme en réunion budgétaire avec des élus municipaux dans une salle du conseil de mairie

Adjoints et conseillers délégués : comment se répartit l’enveloppe

L’indemnité du maire ne représente qu’une partie du coût total que la commune supporte pour l’ensemble de ses élus. Les adjoints au maire et les conseillers municipaux délégués perçoivent également des indemnités de fonction, plafonnées elles aussi par l’article L. 2123-24 du CGCT.

Le conseil municipal dispose d’une certaine latitude pour répartir cette enveloppe globale entre les élus. Il peut décider d’attribuer aux adjoints un montant inférieur au plafond légal, ou de moduler les indemnités selon les délégations exercées. Cette répartition fait l’objet d’un vote distinct et peut varier d’une commune à l’autre, même pour des communes de taille comparable.

  • Maire : indemnité plafonnée selon la tranche de population, votée en conseil municipal au début du mandat.
  • Adjoints au maire : indemnité distincte, plafonnée à un taux inférieur à celui du maire pour une même tranche, votée par le conseil.
  • Conseillers municipaux délégués : indemnité possible uniquement si le conseil la vote, dans la limite d’un plafond propre à chaque tranche.

Le cumul des indemnités perçues par un même élu au titre de plusieurs mandats est lui-même plafonné. Le montant global ne peut pas dépasser 8 897 euros brut mensuel, tous mandats confondus.

Ce que change la loi du 22 décembre 2025 pour les indemnités de maires

La réforme du statut de l’élu local adoptée fin 2025 a modifié plusieurs paramètres du régime indemnitaire. Les plafonds ont été relevés pour certaines tranches de population, et de nouvelles dispositions encadrent les conditions d’exercice du mandat.

Certaines mesures de cette loi sont d’application progressive ou requièrent des textes réglementaires complémentaires. Leur entrée en vigueur effective doit donc être vérifiée au cas par cas avant d’en tirer une conséquence pratique sur un montant versé.

La hausse des plafonds ne vaut que si la commune délibère en ce sens. Une commune qui ne convoque pas son conseil pour voter de nouveaux montants continue de verser les indemnités fixées sous le régime précédent, même si elles sont désormais inférieures aux nouveaux plafonds légaux.

Indemnité de maire et activité professionnelle : les règles de cumul

Un maire peut conserver une activité professionnelle en parallèle de son mandat. L’indemnité de fonction n’est pas un salaire et ne relève pas du droit du travail. Elle est soumise à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, mais son régime fiscal et social diffère de celui d’un salarié classique.

La question du cumul se pose surtout pour les maires des grandes communes, dont l’indemnité peut atteindre ou dépasser celle d’un cadre du secteur privé. Pour les maires de petites communes rurales, l’indemnité reste modeste et ne compense généralement pas l’investissement en temps que représente le mandat.

Les règles de cumul entre mandat de maire et autres fonctions publiques obéissent à des dispositions spécifiques du CGCT, qui prévoient notamment des mécanismes d’écrêtement pour éviter qu’un élu ne cumule des rémunérations publiques au-delà du plafond mentionné plus haut.

Comparer le seul montant de l’indemnité du maire entre deux communes de tailles différentes ne suffit pas à mesurer l’effort financier consenti. Le coût réel pour une commune inclut l’ensemble des indemnités votées pour tous les élus, ainsi que les éventuels frais de mandat accordés par délibération dans certaines grandes villes. Ces frais, distincts des indemnités, couvrent des dépenses liées à l’exercice du mandat et ne constituent pas une rémunération supplémentaire.

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