225 000 euros. Voilà la limite gravée dans le marbre pour vos versements sur un PEA-PME. Malgré ce plafond, la possibilité existe de combiner un PEA classique avec un PEA-PME, sous réserve de respecter quelques règles précises. Depuis 2019, le champ des titres éligibles s’est élargi : certains titres de dette peuvent désormais rejoindre le jeu.Côté fiscalité, le sort des gains varie selon la durée de détention. Gardez le plan plus de cinq ans et l’impôt sur le revenu s’efface, seuls les prélèvements sociaux subsistent. Les retraits partiels sont permis sans fermer le plan, à condition de respecter les modalités propres à ce dispositif.
Le PEA-PME, un coup de pouce pour investir dans les entreprises françaises
Le PEA-PME n’est pas une trouvaille de technocrate. Il a vu le jour grâce à la Loi de Finances 2014 pour orienter l’épargne des particuliers vers les vraies locomotives de l’économie : les PME et ETI, en France comme en Europe. L’ambition ? Faire circuler les capitaux privés là où ils serviront la croissance et l’innovation, plutôt que de financer les mastodontes déjà bien installés. Il s’agit d’ouvrir la voie au développement des entreprises éligibles au PEA, celles qui font battre le cœur des territoires.
Dans la pratique, le PEA-PME donne accès à une large palette de titres éligibles : actions de PME ou d’ETI, obligations convertibles, titres participatifs, parts de SARL, et des fonds investis à 75 % minimum dans ce type d’entreprises. Pour intégrer ce cercle, une société doit avoir moins de 5 000 salariés, réaliser moins de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires ou disposer d’un bilan inférieur à 2 milliards, tout en ayant son siège dans l’UE ou l’EEE. Cette diversité couvre aussi bien la santé, la transition écologique que l’industrie de pointe.
La loi Pacte a donné un coup d’accélérateur à l’univers éligible : les entreprises qui innovent ou s’engagent pour la planète intègrent désormais pleinement le dispositif. Résultat, le PEA-PME renforce son rôle de pilier pour soutenir la montée en puissance des entreprises de taille intermédiaire. Miser sur ce plan, c’est s’inscrire dans la dynamique des moyennes entreprises françaises et européennes : celles qui recrutent, inventent et structurent l’économie locale.
Comment fonctionne vraiment le PEA-PME ?
Avec le PEA-PME, tout le monde ne peut pas jouer la carte de l’investissement : il est réservé aux personnes majeures domiciliées fiscalement en France. Un par personne, pas de compte joint. Pour un couple, deux plans au maximum, pas question d’en cumuler davantage.
Le plafond de versement est fixé à 225 000 €, mais il comprend la somme de tout ce qui a été investi sur un PEA classique et un PEA-PME. Concrètement, si une partie de ce montant est déjà placée sur un PEA traditionnel, la marge pour le PEA-PME diminue d’autant. On ne triche pas avec la règle : il faut faire ses calculs avant de verser de nouveaux fonds.
Le choix de l’établissement a son importance : les grandes banques proposent le produit, les plateformes en ligne comme Fortuneo, BoursoBank ou Bourse Direct rivalisent de tarifs et de services, les sociétés de gestion étoffent aussi leurs offres. Les conditions, les frais, la réactivité : tout compte.
Voici ce que vous pouvez réellement loger dans un PEA-PME :
- Actions de PME et ETI européennes
- Obligations convertibles
- Titres participatifs
- Parts de SARL
- Fonds investis majoritairement dans ces sociétés
Moins de liquidité que sur le CAC 40 et souvent plus de volatilité, mais le champ des possibles est bien plus vaste.
Du côté des retraits, la discipline s’impose : tout retrait effectué avant cinq ans met fin au plan, à quelques exceptions près (licenciement, invalidité, retraite anticipée…). Passé cette période, la souplesse l’emporte et la fiscalité allégée récompense la patience. Le PEA-PME séduit ceux qui veulent accorder du temps à leur investissement sans perdre de vue la performance réelle sur l’économie.
Avantages concrets : fiscalité, rendement et diversification
La fiscalité du PEA-PME s’allège considérablement au bout de cinq ans de détention. Les plus-values et les dividendes réalisés à l’intérieur du plan échappent à l’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux sont dus (17,2 % ou 18,6 % selon l’année). Une configuration bien plus attractive pour qui recherche une rentabilité véritable sur le long terme.
Avant cinq ans, les règles changent : les gains sont taxés à hauteur de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf situation exceptionnelle telle qu’un licenciement, une invalidité ou un départ anticipé à la retraite. Après cinq ans, il reste possible de sortir sous forme de rente viagère, avec ce même avantage fiscal.
Coté rendement, ce plan attire ceux qui recherchent une perspective de croissance différente. Les PME et ETI européennes, parfois trop discrètes face aux grandes capitalisations, offrent un potentiel de développement qui peut s’avérer supérieur. On pense à la tech, à l’industrie verte, à la santé : autant de secteurs accessibles via le PEA-PME.
Côté diversification, le dispositif donne accès à des actifs moins corrélés aux indices boursiers les plus suivis. Volatilité et liquidité ne sont pas à ignorer, mais la contrepartie, c’est la possibilité de capter une part de la croissance réelle et de soutenir l’économie de façon directe. Bien entendu, les frais diffèrent d’un intermédiaire à l’autre, d’où l’importance de comparer les offres avant de s’engager.
Faut-il sauter le pas ? Conseils et astuces pour bien démarrer avec le PEA-PME
Avant de basculer dans l’aventure PEA-PME, prenez une minute pour évaluer votre appétence au risque et la part de votre portefeuille dédiée à ce type d’actif. Ce plan cible surtout ceux qui acceptent que la volatilité et la liquidité soient différentes de ce que proposent les têtes d’affiche du CAC 40. Rien n’empêche de rester diversifié sur l’ensemble de vos placements : c’est même recommandé pour absorber les chocs des marchés.
Votre choix de banque ou de courtier pèsera lourd dans la balance. Les frais de courtage comme de gestion peuvent varier énormément : la comparaison minutieuse reste la règle. Plateformes en ligne telles que Fortuneo, BoursoBank ou Bourse Direct tirent souvent leur épingle du jeu grâce à leur structure tarifaire.
Pour vous bâtir une base de portefeuille solide, l’idéal consiste à sélectionner des fonds ou ETF investis à au moins 75 % dans des PME ou ETI éligibles. Cela permet de mutualiser le risque tout en profitant de la croissance du segment. Les investisseurs aguerris peuvent compléter avec des actions en direct, à condition de maîtriser les règles de sélection et de gestion du risque.
Petit rappel utile : retirer de l’argent avant cinq ans ferme automatiquement le plan, à l’exception de cas très spécifiques (licenciement, invalidité, retraite anticipée, etc.). Passé ce cap, la loi Pacte autorise les retraits partiels sans fermeture du plan. Mieux vaut organiser ses versements en gardant en tête ces horizons pour optimiser la fiscalité obtenue.
Ouvrir un PEA-PME, c’est accepter l’inconnu tout en misant sur l’économie réelle. Derrière chaque ligne, il y a une entreprise qui se bat, grandit et embauche. La question n’est pas seulement “combien puis-je gagner”, mais aussi “quel impact suis-je prêt à soutenir”. C’est à ce moment précis que l’investissement prend tout son sens.


