Le marché des matières premières agricoles est la forme la plus ancienne de produits physiques confrontant l’offre et la demande, en effet, depuis toujours, les matières premières agricoles se sont négociées de façon physique en des lieux dédiés allant de la place de village, des halles, des marchés au cadran et enfin des bourses.

Ces marchés au comptant dits "spot market" se sont ensuite organisés en Europe au XVIIIème siècle dans le cadre des bourses de commerce, facilitant les transactions et offrant plus de liquidité. Parallèlement, les contrats de livraison différés se sont développés. Il s’agit là des contrats dits forward, qui fixent la date de livraison à une date éloignée. Ces pratiques se sont développées dès l’antiquité sumérienne, les échanges à terme étaient pratiqués grâce à des jetons en argile.
Les marchés se sont par la suite structurés conduisant à une standardisation des contrats. Les marchés à terme organisent alors les transactions de contrats financiers dont le sous-jacent est un bien agricole.
| Cours | Variation | |
|---|---|---|
| Cours du BLE FOURRAGER | 164.75 | -1.35% |
| Cours du BLE MEUNIER | 212 | +0.12% |
| Cours du CACAO | 1571 | +1.49% |
| Cours du CAFE ROBUSTA | 1948 | -1.27% |
| Cours du COLZA | 457.25 | 0% |
| Cours du MAIS | 206.5 | +0.12% |
| Cours du ORGE BRASSERIE | 272.75 | +0.28% |
| Cours du SUCRE BLANC | 649.3 | +0.95% |
Le premier objectif du marché à terme est de fournir au producteurs ou opérateurs sur le marché physique, de se couvrir face au risque de fluctuation des prix en fixant par avance un engagement de vendre ou d’acheter ou une livraison et un paiement à échéance du contrat.
Le hedging (ou opération de couverture) est, par nature, une opération à caractère défensif. L’opérateur prend une position sur le marché des futures (ou à terme) une position opposée sur des quantités équivalentes à celles qu’il détient sur le marché au comptant. Dans le cas d’une baisse des prix, un producteur compensera sa perte sur le marché spot par des gains sur le marché forward.
Les opérations à terme et options peuvent être conclues de gré à gré. Les flux générés par le marché de gré à gré sont moins connus que ceux transitant par les bourses qui offrent l’avantage d’être la seule contrepartie.
Selon la BRI (Banque des règlements internationaux), entre 2001 et 2008, les marchés de gré à gré qui ont connu une multiplication par 6 de leurs encours. Trois facteurs expliquent ce développement :
- Certains contrats à terme ne peuvent pas être standardisés (le vin par exemple)
- Le coût des transactions est plus faible que sur les marchés organisés
- Le fait que la négociation de gré à gré ne fasse pas l’objet d’une transparence « contractuelle » évite de dévoiler certaines informations utiles aux négociations.
Les marchés à terme initialement voués aux positions de hedging, voient une part croissante d’opérateurs purement financiers. Les traders et les investisseurs viseront un bénéfice plus ou moins rapide en spéculant sur les évolutions d’un sous-jacent. Ces nouveaux acteurs non commerciaux, investissent sur tous types de marchés financiers. Sur le marché des matières premières agricole, on trouve les investisseurs institutionnels, macro hedge funds ou hedge funds spécialisés sur les matières premières agricoles, gérant de fonds indiciels, les trackers et autres produits dérivés.
Les acteurs financiers sont définis comme étant ceux qui n’ont pas vocation à intervenir en couverture . Le Chicago Mercantile Group (CME) définit ainsi un spéculateur: «Un acteur du marché qui achète et vend des futures et/ou des options dans l’espoir de réaliser un profit en apportant des liquidités au marché». Le rôle de la spéculation au-delà de toute considération d’éthique ou de politique est d’offrir une liquidité importante sur les marchés des matières premières agricoles, ce qui permet d’entrer et de sortir du marché rapidement.
Le prix des matières premières agricoles a toujours fluctué et les variations de cours ne sont en rien un phénomène nouveau. En effet, les effets du climat (ensoleillement, pluviométrie…), le climat social ont toujours influencé les prix impactant directement l’offre.
Aujourd’hui la faible élasticité de la demande et les facteurs de risque historiques déséquilibrent les marchés agricoles. Gregory King dès 1696, mettait en évidence une loi, aujourd’hui considérée comme imparfaite, selon laquelle, lorsque l’offre diminue de 10,20,30,40 et 50% par rapport à un niveau défini comme « normal », les prix progressaient respectivement de 30,80,160,280 et 450%.
Depuis 1696, le transport, les moyens de communication, la structuration des bourses, la libéralisation des échanges ont conduit le marché des matières premières agricoles dans un processus de mondialisation. Le caractère mondial du marché est soumis à la loi de l’offre et la demande, met en relation des agricultures diverses, des zones de production de l’ensemble de la planète et subit les effets du commerce (importation / exportation). A partir de là, tout événement en chaque point de la planète peut venir impacter les prix dans le monde entier.
La dérégulation des monnaies, depuis les années 1970 et la fin du système de changes fixes, les prix des matières premières agricoles sont soumis à cette instabilité supplémentaire. C’est alors à une double instabilité que sont exposés les pays importateurs et exportateurs, celle des taux de change et celle des prix agricoles.

L’intervention des spéculateurs rend le marché plus liquide et jusque récemment, pouvait éloigner momentanément les prix de l’économie réelle. Cette vision des choses est aujourd’hui soumise à caution par certains analystes. L’afflux récent de liquidités sur les marchés financiers via le quantitative easing a en effet changé la donne. Un analyste spécialisé sur les matières premières déclarait en 2011 que « S'il est impossible d'isoler la création monétaire de tous les autres facteurs qui ont pu participer à la hausse des matières premières et donc d'en mesurer l'effet réel, on a pu constater une corrélation entre l'afflux de liquidités et la hausse des matières premières».
Cependant, les opérateurs financiers ne peuvent pas tenir longtemps les prix des matières premières très éloignés de leurs fondamentaux. Si les cours s’éloignent significativement d’un prix médian correspondant à une réalité « objective », on parle de phénomène de bulle, par définition amenée à exploser (chute brutale des cours). Les acteurs financiers ne créent pas les problèmes de défaut d’offre dans le marché des matières premières, mais les ont sans doute rendus plus visibles.
Un des problèmes auxquels est soumis le marché des matières premières agricoles est sans doute la globalisation. Au-delà du phénomène de mondialisation, le fait que les matières premières agricoles soient aujourd’hui considérées comme un actif « tradable » au même titre qu’une action, un indice, une obligation… confronte le marché des matières premières à la réalité de la globalisation.
Par exemple, des positions pourraient être initiées sur des considérations d’effet de change, des positions pourraient être débouclées pour couvrir des appels de marge, les évolutions des cours du pétrole peuvent par effet de répercussion, avoir des incidences sur les matières premières entrant dans la composition des bioéthanols… En effet, une part croissante de la production mondiale des matières premières agricoles est valorisée pour la filière des agrocarburants. Ainsi, en 2008, 5% de céréales, 9% d’oléagineux et 10% de canne à sucre a été valorisée au travers de cette filière. 30% de la récolte de maïs aux États-Unis, 50% de la production de canne à sucre au Brésil ont été destinés à produire de l’éthanol, 64% de l’huile de colza ont été transformés en biodiesel dans l’Union européenne.
Ainsi, les opérateurs financiers sont un facteur de volatilité supplémentaire, réagissant aux règles et aux signaux qui ne sont pas nécessairement directement liés aux marchés des matières premières.
La tentation d’interdire la spéculation sur les matières premières agricoles est grande, les expériences passées notamment sur le marché à terme du blé et du maïs en Inde entre mai et septembre 2008, n’ont selon les experts pas été totalement concluantes.
Description: produits indice des prix alimentaires, 2005 = 100, comprend les céréales, les huiles végétales, viandes, fruits de mer, sucre, bananes, oranges et les indices des prix
CBOT - CME (chicago – Etats Unis)
Blé, maïs, soja, avoine, riz, bétail vivant, porc vivant, lait
Ice-Nybot (New-york – Etats Unis)
Sucre, café, cacao, jus d’orange, porc congelé
Liffe (Londre/paris)
Blé, colza, maïs, orge, Cacao, café, sucre
Tokyo
Soja, maïs, haricots rouge, café, sucre
BM-BF (Brésil )
Café, bétail vivant
Argentine
Soja, blé
Zengzhou CE
Blé, coton, gluten
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Une matière première est un produit brut, basique, qu'on tire de la nature afin d'être transformé, utilisé comme produits
de fabrication ou de production, exploité, et consommé. Le blé, le maïs, le riz, le coton, le sable, le caoutchouc, l'or, le zinc, le pétrole,
l'uranium, sont des exemples de matières premières.
Les matières premières sont absolument essentielles à l'économie, et la plupart d'entre elles sont d'ailleurs cotées en bourse.
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