
L’effondrement des plateformes glaciaires en Antarctique occidental est peut-être l’une des illustrations les plus parlantes du changement climatique. Non seulement ce phénomène offre une preuve physique évidente du réchauffement de la planète, mais il symbolise également les défis auxquels nous devrons nous adapter pour vivre dans un monde plus chaud.

Une étude publiée récemment par l’Institut démographique de la City University de New York a conclu que 634 millions d’individus (soit une personne sur 10) vivent plus de 10 mètres en dessous du niveau de la mer et que les deux tiers des plus grandes villes du monde (plus de cinq millions d’habitants) sont situées au moins partiellement dans ces zones.
Dans son 4ème rapport publié en 2007, le Comité intergouvernemental sur le changement climatique (CICC) estime que le niveau des mers devrait monter de 18 à 59 cm d’ici la fin du siècle.
1. La déperdition de glace liée à la fonte des glaciers et des calottes glaciaires hors Groenland et Antarctique devrait se traduire par une hausse du niveau des mers de 10 à 20 cm d’ici 2100 ; si toute la glace fond, le niveau des mers montera de 33 cm.1
2. Les océans absorbent la chaleur de l’atmosphère et ce faisant, ils gagnent en volume. Une hausse des températures de 2oC se traduit par une montée d’environ 20 cm du niveau des mers.
3. Dernier facteur, les plateformes glaciaires du Groenland et d’Antarctique. Ces dernières contiennent suffisamment d’eau
pour accroître le niveau des mers de 70 mètres.
Depuis le 20ème siècle, le niveau des mers a progressé en moyenne de 17 cm, principalement en raison de déperditions liées à la fonte des glaciers et des calottes glaciaires hors Groenland et Antarctique. Mais aujourd’hui, le rythme s’accélère.
Jusqu’ici, la contribution des plaques glaciaires du Groenland et de l’Antarctique a été minime. Le CICC estime que la fonte des glaces du Groenland devrait au maximum accroître le niveau des mers de 12 cm d’ici 2100, tandis que les glaces d’Antarctique devraient gagner en volume en raison de la progression des chutes de neige.
Cependant, notre compréhension scientifique des déperditions de glace sur ces territoires s’est améliorée.
Si la tendance actuelle se poursuit, la hausse du niveau des mers pourrait atteindre 1 mètre d’ici 2100 (c’est ce qu’estiment de nombreux glaciologues spécialistes du Groenland et de l’Antarctique). Les prévisions ont été révisées à la
hausse car on a découvert que lorsque les plaques de banquise (qui flottent sur les mers) s’effondrent, la mutation des glaciers s’accélère : ainsi, lorsque la plateforme Larsen B s’est effondrée, les glaciers situés en amont ont fondu 8 fois plus vite.
L’effondrement d’une plateforme glaciaire n’entraîne pas directement une hausse du niveau de la mer, puisque cette glace est déjà présente sur l’océan, mais ce sont les glaciers formés sur les terres qui, en se décrochant, ont le même impact qu’un glaçon jeté dans un verre plein.

Source : New Scientist, 4 July 2009
Les analyses historiques montrent que le niveau des mers s’est déjà trouvé inférieur de 120 mètres (pendant la dernière période glaciaire) et 70 mètres plus haut pendant les périodes les plus chaudes. L’étude d’un récif vieux de 121 000 ans au Mexique, formé pendant la dernière période interglaciaire, alors que le niveau des mers était supérieur de 6 mètres, indique que ce dernier était monté de 3 mètres en l’espace de 50 à 100 ans.
La hausse du niveau des mers entraînera des inondations, à plus forte raison dans les zones situées en faible altitude, et renforcer la salinisation des nappes phréatiques et des systèmes estuariens. La disparition des glaciers devrait provoquer une baisse des fontes estivales qui pénalisera des millions de personnes tributaires de ce phénomène pour l’agriculture, ainsi que les centrales énergétiques qui utilisent l’eau pour des processus de génération ou de refroidissement.
Si nous ne sommes pas capables de réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre, si ces changements surviendront lentement, mais très probablement. La diminution des glaciers va pénaliser les pays et les secteurs dépendants des eaux fondues ; ils devront développer des projets pour s’adapter aux changements de flux. Il leur faudra notamment découvrir de nouvelles sources d’eau, développer une utilisation plus efficiente, et augmenter les traitements et le recyclage de l’eau.
Ainsi, la Chine a annoncé en mai 2009 son projet de construire 59 réservoirs pour collecter les eaux glaciaires fondues, inquiète de la disparition des glaciers et de son impact sur des millions d’individus.
Par conséquent, des opportunités importantes devraient se présenter pour les entreprises actives dans le secteur de l’eau, et en particulier dans les régions les plus concernées.
D’autre part, la production agricole des zones utilisant les eaux fondues des glaciers pourrait diminuer, une situation qui bénéficierait aux producteurs situés dans les régions n’utilisant que des eaux pluviales.
La hausse du niveau des mers va renforcer la demande en équipements de protection contre les inondations, en dispositifs de drainage, en constructions urbaines et en systèmes d’accès à l’eau douce. Les Pays-Bas et les Maldives ont déjà commencé à renforcer leurs systèmes de protection contre les inondations, et l’Agence britannique pour l’environnement a mis au point le projet Thames Estuary 2100.
Il s’agit d’une stratégie de gestion du risque d’inondation dans les 100 prochaines années (sur la base du constat que le barrage de la Tamise n’est pas conçu pour faire face aux conséquences du changement climatique). Ces projets vont offrir des opportunités à de nombreux secteurs, notamment dans la construction, l’ingénierie et le conseil.
Politique internationale en route vers Copenhague
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