Trop d'automobiles, trop de bouchons, trop de pollution, trop de perte de temps. Les mairies des grandes capitales à l'image de Londres, Romes ou de grandes agglomérations Européennes, commencent l'instauration de péages ou autres moyens dissuasifs, afin de limiter les véhicules, et proposer d'autres moyens alternatifs, à l'image de vélos en "libre service", ou de transport public -en commun- : le transport modal.

Trop d’automobiles
Nos centres ville sont saturés d’automobiles[1] or quasiment toutes ces automobiles sont très peu performantes dans ces conditions de trafics. Elles consomment énormément d’essence, et par conséquent, génère beaucoup de CO2 et de polluants sans que cette dépense d’énergie ne soit justifiée : le rendement énergétique est lamentable. Et si on rapporte ce rendement au kilo de chair transporté, il fait encore une chute vertigineuse : l’homo automobilis déplace une tonne de ferraille pour 80kg de chair humaine transportée.
Selon l’UITP, « la circulation urbaine et donc, en particulier, les déplacements individuels motorisés, sont à l’origine de 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par le transport routier et de max. 70% des émissions d’autres polluants produits par le transport en général. »
Le transport public, la solution ?
La solution peut donc paraitre évidente : il faut utiliser les transports en commun ! Les bus, les trains transportent beaucoup plus de personnes avec un bien meilleur rendement.
(Transport public: bus et tramway parisien aussi...)
Il suffit de ne pas agir, voire d’amplifier l’engorgement des centres villes : au lieu d’améliorer la circulation automobile, les actions portent sur la réduction des débits des grands axes. Les boulevards sont divisés en deux, une partie pour les automobiles, une partie pour les bus et vélos. Le nombre des feux rouges augmente et ils ne sont plus synchronisés, mais au contraire, désynchronisés pour ralentir le passage des voitures. Les sens uniques sont réorganisés pour orienter tous les véhicules vers les axes principaux, ce qui évite un éventuel délestage par les axes parallèles et tranquillise les quartiers.
Enfin, les anciennes voies rapides sont supprimées ou réduites, les places de parkings en sous-sols ne sont plus développées et, en surface, réattribuées – au VéLib par exemple.
Le péage urbain qui fait payer l’accès au centre ville au prix fort est l’autre mesure en développement rapide. L’initiative de Londres qui date de 2003 fait des petits en Norvège, en Suède, en Italie…
Toutes ces mesures devraient réduire, voire interdire l’automobile dans les centres de nos villes. Certains pensent que 78% des centres villes seront sans automobile d’ici en 2020[2].
A Paris, ça marche !
A Paris, se passer d’un véhicule est possible. C’est même une tendance ! De plaisir, la voiture est devenue une contrainte : le parking, l’assurance, les PVs, l’essence… La densité du transport public parisien permet de se déplacer facilement dans « Paris intra-muros » avec une grande facilité. La création des Noctiliens, le Metro jusqu’à 2h du matin les WE et fêtes, le VeLib ajoute à cette facilité.
L'utilisation du Vélib' à Paris est efficace
Alors pourquoi ?
Alors pourquoi reste-t-il autant d’automobilistes ? La prise de conscience de l’impact de la pollution et du CO2 incite les automobilistes à laisser leur véhicule au garage : 58% des conducteurs sont prêts à abandonner leur voiture en cas de pic de pollution.
De même, 22% utilisent les transports alternatifs lorsqu’ils sont disponibles, et 65% le feraient si ces transports étaient disponibles. Il ne reste que 13% d’irréductibles…
La qualité de service
Mais le problème est bien là : la disponibilité. Hors de Paris, la densité du réseau et des connections radiales laisse à désirer. Les passages ne sont pas assez élevées et réguliers. Les correspondances ne sont généralement pas faciles – jamais faciles lorsqu’il s’agit de passer d’un moyen de transport à un autre – et il manque toujours les premiers et derniers mètres, voire kilomètres pour aller de sont point de départ à la première station, et de la station d’arrivée à son point de rendez-vous. Or, c’est bien connu, l’homo automobilis ne supporte pas de marcher plus de 3mn.
Déchiffrer les plans et les horaires des transports en commun demande un apprentissage : leurs « codes » ne sont pas toujours évidents ! Il faut aussi savoir acheter son billet : directement dans le bus, par un distributeur bien caché à l’ergonomie douteuse, dans un bureau de tabac etc.
S’ajoute à cela les problèmes de sécurité, de propreté et de confort…
L’automobiliste peut-il y arriver ?
Tout ceci fait que dès que l’on se trouve trop loin d’une station, à l’arrivée comme au départ, dès qu’il s’agit d’un trajet « non planifié », le voyageur équipé préfère prendre sa voiture à tenter l’aventure des transports en commun.
Et pourtant, c’est bien de se faire conduire…
Imaginez des transports en communs du niveau de qualité d’un TGV première classe : confort, ponctualité, silence…
Votre téléphone du futur vous indique le chemin. La gare la plus proche est à 5mn. Qui se poserait alors la question ? Aujourd’hui, la question est de savoir comment suffisamment dégrader l’usage de la voiture pour que la balance penche favorablement du coté des transports en commun.
«Impossible car trop cher » me direz-vous ? Certes, mais on entend souvent le fait que les transports en commun sont déjà trop chers ! Près de 80% du billet est « subventionné ». Cela ramène le prix du billet de métro à une course en taxi ! Quel est donc l’avenir des transports en commun ? Baisser encore en qualité pour servir plus de monde dans les mêmes budgets ?
Si la tendance se confirme, les personnes qui ne peuvent pas vivre près de leur lieu de travail ou d’une gare ne pourrons plus aller travailler, soit parce que le coût du trajet et du véhicule sera devenu prohibitif, soit parce que le temps de transport sera trop long.
Il est stupide de penser qu’il suffit de transférer des voyageurs de l’automobile vers les transports en commun en réduisant les services proposé par l’automobile : tout le monde ne peut pas utiliser les transports en commun pour des raisons pratiques – et à 80% de taux de subvention, cela couterait de toute façon trop cher – et la baisse de qualité que cela impose à l’usager aura à mon avis un autre effet : les lieux rendus « inaccessibles » changeront de fonction. Pourquoi pas, mais il s’agit là d’un choix d’urbanisme !
Donc deux solutions : les transports en communs deviennent une alternative crédible et concurrentielle à la voiture ou… nous assistons à l’éclosion de véhicules électriques petits, légers peu polluants et qui laissent une vrai liberté de circulation !
[1] L’automobile représenterait 80% des transports urbains !
[2] D’après le Centre de Prospective et de Veille scientifique de la DRAST
Par Fabio FERRARI
Symbiocars a été créée pour promouvoir les technologies des véhicules hybrides et électriques.
Symbiocars publie des articles généraux sur ces technologies et aide le développement de jeunes pousses de ce domaine.
Comment organiser ce « transfert modal » ?