Les coûts de production du pétrole à partir de plate-formes en mer vont augmenter, si les exigences de sécurité sont renforcées à la suite de la marée noire dans le Golfe du Mexique, a prédit Fatih Birol, économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
"Nous avons besoin de nouvelles règles. Mais ces nouvelles règles vont, je pense, accroître le coût de la production offshore en eaux profondes", a déclaré M. Birol mercredi, au cours d'un séminaire de presse organisé par GDF Suez en Seine-et-Marne, près de Paris.
Parmi les nouvelles règles "en discussion" à la suite de la marée noire provoquée par le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, figure l'obligation de forer un "puits de secours" pour chaque puits foré en mer, a-t-il indiqué.
"Cela signifie que les coûts de production vont augmenter", a pointé l'économiste.
En outre, le coût des assurances liés à la production pétrolière en eaux profondes "est en train de s'envoler", a souligné M. Birol.
Le responsable de l'AIE a aussi rappelé que les restrictions éventuelles imposées aux forages en mer dans le monde pourraient réduire la production de pétrole prévue pour 2015 de 900.000 barils par jour.
"Ce n'est pas une bonne nouvelle pour la sécurité d'approvisionnement et ce n'est pas une bonne nouvelle pour les prix du pétrole dans le futur", a-t-il estimé.
L'AIE prévoyait en effet jusqu'à présent que "plus des deux tiers" des nouvelles capacités de production des pays non-membres de l'Opep viendraient de la production en eaux profondes dans les 10 années à venir, a rappelé l'économiste.
Avec la hausse des coûts de production, "la compétitivité de la production offshore va être affectée négativement" et la dépendance du monde vis-à-vis de la production de l'Opep pourrait donc être renforcée, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, en ce qui concerne le marché du gaz naturel, M. Birol a indiqué "qu'un énorme surplus de production" était en train de se former.
"D'ici à 2013, les capacités mondiales de production de gaz naturel liquéfié (GNL) vont augmenter de 50%", a-t-il expliqué.
Or, les Etats-Unis, à qui ce GNL était destiné en premier lieu, "n'en ont pas besoin" car leur demande a baissé mais aussi parce qu'ils ont développé une production locale de gaz non-conventionnel, a souligné l'économiste.
"C'est une bonne nouvelle pour les Etats-Unis mais c'est une très mauvaise nouvelle pour beaucoup de sociétés" qui pensaient vendre leur gaz aux Etats-Unis et ont lancé beaucoup de projets gaziers, a noté M. Birol.
En outre, la demande européenne de gaz est revenue à son niveau de 2002 en raison de la récession économique, a-t-il rappelé.
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Les énergies fossiles proviennent de l'exploitation de roches qui se sont formées par fossilisation de
végétaux enfouis dans le sol. Ces roches, ou combustibles fossiles, se présentent sous forme solide (tourbe, houille, charbon),
liquide (pétrole), ou emprisonnant du gaz (gaz naturel).
Cette lente fossilisation s'effectuant dans des conditions géologiques très spécifiques,
le premier problème de l'énergie aujourd'hui est l'épuisement progressif des ressources fossiles.
Les énergies fossiles sont obtenues par combustion de ces matières riches en carbone (le pétrole et le gaz naturel sont des hydrocarbures),
produisant ainsi du dioxyde de carbone ou CO2. Apparaît alors un deuxième problème majeur : l'aggravation de l'effet de serre.