La restauration, et avant tout les aliments, et les déchets de chantier sont les deux principales sources de pollution de l'hôtellerie, selon une étude menée par le groupe Accor qui a passé au crible toutes ses activités sur l'ensemble de leur cycle de vie.
Cette étude, rendue publique jeudi à l'occasion de l'inauguration du premier hôtel HQE (haute qualité environnementale) du groupe, à Issy-les-Moulineaux près de Paris, est disponible en partage sur le site internet d'Accor.
C'est la première fois qu'un groupe hôtelier mondial (4.200 hôtels dans 90 pays) réalise une telle étude, multicritères, et portant sur l'ensemble du cycle de vie, et prenant en compte la production des ressources nécessaires à un hôtel, leur utilisation et les impacts apparaissant lors de leur fin de vie.
Sans surprise, la consommation d'énergie par les hôtels représente 66% de l'impact carbone du groupe, mais plus surprenant, selon Sophie Flack, directrice du développement durable chez Accor, la restauration y contribue pour 14%, alors même que si tous les hôtels proposent des petits déjeuners, seuls 1.400 hôtels disposent d'un restaurant.
Le poste "restauration" représente à lui seul 86% de la pollution de l'eau générée par tout le groupe, notamment parce qu'il prend en compte les consommations d'eau de la filière agricole.
Il faut 15.500 litres d'eau pour produire un kg de boeuf, mais 3.900 pour un kg de poulet, ou 700 L pour un kg de pommes.
"Cela nous amène à réfléchir aux menus, explique Mme Flack. Il n'est pas question de supprimer le boeuf de nos cartes mais de retravailler notre offre pour les séminaires, congrès, banquets pour avoir un impact plus important compte tenu des volumes".
Le groupe hôtelier se donne "jusqu'au printemps", pour présenter sa nouvelle stratégie "développement durable" afin de réduire son empreinte carbone.
Autre activité très polluante : les déchets produits lors de la construction ou de la rénovation des hôtels. Accor réfléchit à mieux les valoriser mais aussi à les réduire à la source en travaillant à la réduction des emballages, par exemple.
L'étude ne prend pas en compte les déplacements des clients d'une part car ils seraient très difficiles à évaluer, selon Sophie Flack, d'autre part, Accor n'aurait aucun pouvoir pour faire baisser cet impact.
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