Tout en relevant des "avancées", avec les informations obtenues sur l'utilisation des matières radioactives issues du parc nucléaire français, des représentants associatifs ont exprimé mardi des "réserves" sur le rapport du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire.
"Nous avons eu accès à des informations inédites et nous avons pu faire avancer la transparence là où régnait l'opacité", déclare Yannick Rousselet (Greenpeace France), tout en se déclarant "extrêmement déçu par la qualité du rapport".
Dans un communiqué commun, plusieurs représentants associatifs (Greenpeace, FNE, ACRO, ANCCLI) membres du Haut Comité expriment leurs "réserves" sur ce rapport "basé sur une démarche positive mais perverti par les industriels".
Ils relèvent cependant "deux avancées majeures": la "communication des industriels autour du cycle nucléaire est condamnée", et le taux de recyclage des matières radioactives considérées valorisables (à la différence des déchets), selon la législation actuelle, est "très loin" de celui mis en avant par Areva.
"Alors que l'industriel communique partout autour d'une énergie recyclable à 96%, le rapport annonce une économie d'uranium liée au recyclage (NB du combustible usé) de 12%", résument-ils.
Ce taux correspond, selon le rapport, aux 137 tonnes de combustible à l'uranium naturel qui ont été remplacés, sur les trois dernières années, par des combustibles contenant de la matière recyclée.
D'après un calcul du collège associatif, le taux de recyclage sur les dernières années, se situerait plutôt "entre 3,9% et 1,7%".
Dans son rapport remis au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, le Haut comité recommande que l'information destinée au grand public "fasse clairement apparaître les déchets radioactifs, les matières immédiatement valorisées, les matières entreposées en attente de valorisation (en précisant dans ce cas les perspectives de valorisations)".
D'ici 2040, date où de futurs réacteurs nucléaires de 4ème génération sont susceptibles de pouvoir utiliser de grandes quantités de matières radioactives valorisables, le stock français d'uranium appauvri devrait atteindre 450.000 tonnes, selon le rapport.
"Des matières valorisables, mais quand, où et comment, se demandent les écologistes", a résumé mardi Jacky Bonnemains (de l'association Robin des bois) soulignant que le rapport "est une source considérable d'information". Une "dynamique est lancée", a-t-il ajouté, car cet état des lieux sur les flux et stockages de matières et de déchets nucléaires devra "désormais être renouvelé et amélioré chaque année".
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