Une élévation moyenne de température d'un degré provoque une augmentation modérée de la concentration de CO2 dans l'atmosphère, selon une étude parue mercredi dans Nature, qui affine les connaissances sur les mécanismes du réchauffement climatique.
Un réchauffement d'un degré Celsius augmente la concentration de dioxyde de carbone d'une valeur comprise entre 1,7 et 21,4 particules par million (ppm), avec un niveau médian de 7,7 ppm, selon des calculs effectués par David Frank, de l'Institut fédéral de recherche suisse et de son équipe.
Ces chiffres sont soumis à de fortes variations régionales, les effets du réchauffement sur les émissions de CO2 n'étant pas les mêmes aux pôles et dans les régions tropicales, par exemple.
La concentration actuelle de CO2 dans l'atmosphère est de 387 ppm, contre environ 280 ppm avant la révolution industrielle.
Pour arriver à mesurer le risque d'emballement du réchauffement climatique, les chercheurs ont utilisé plus de 200.000 mesures de températures et de concentrations de CO2 pour la période de 750 ans comprise entre 1050 et 1800, une époque où l'impact de l'homme sur le réchauffement était encore négligeable.
Leurs résultats "diminuent le risque d'emballement par rapport à certains travaux antérieurs, mais pas par rapport au GIEC (Groupe intergouvernemental d'expoerts sur le climat) qui était très prudent sur le sujet", relève Hugues Goosse, spécialiste du climat du dernier millénaire à l'Université catholique de Louvains (Belgique).
Un ensemble de dix modèles cités dans le dernier rapport du GIEC donne une fourchette comprise entre 4 ppm et 16 ppm de CO2 additionnel par degré de température supplémentaire.
Mais avant l'étude de l'institut suisse, "certains disaient c'est 40 ppm, d'autres disaient c'est 2 ppm", note M. Goosse, auteur d'un commentaire également publié dans Nature.
L'influence de la température sur les rejets de CO2 est utilisée comme argument par ceux qui refusent de croire que l'augmentation de 0,8 degré Celsius de la température depuis 1850 est d'abord due aux activités humaines.
Les chiffres de l'étude publiée par Nature leur donnent tort.
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