Article sur le site des echos du 5 déc.
Les planteurs antillais veulent faire contre-poids à la baisse programmée des droits de douane appliqués en Europe aux bananes sud-américaines, dites "bananes dollar". Le système leur a jusqu'à présent conféré un accès privilégié aux marchés du Vieux continent.
C'est dans la suite logique des différentes actions qui ont été entamées depuis quelques années par la filière banane de Guadeloupe et de Martinique qu'un protocole d'accord instituant la mise en place d'un "plan banane durable" sur la période 2008-2013 a été signé le 5 décembre 2008 par les instances professionnelles et les pouvoirs publics, en présence du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier.
Les producteurs des deux îles françaises ont décidé de revendiquer la spécificité de leurs bananeraies et d'accélérer leur démarche environnementale alors que l'Union européenne devrait "à terme" abaisser les droits de douanes sur la "banane dollar".
L'objectif du plan ? Faire contre-poids à la baisse programmée des droits de douane appliqués aux "bananes dollar" importées par l'Union Européenne, système qui leur a jusqu'à présent conféré un accès privilégié aux marché du Vieux continent (comme ceux de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique). La crainte des producteurs antillais ? La disparition de tout ou partie de leurs petites exploitations, piliers de l'économie domienne, à l'instar des exploitations de canne à sucre. Avec 270.000 tonnes produites, la banane est en effet le premier produit exporté de Martinique et de Guadeloupe. Ces quantités - au demeurant modestes au regard d'une consommation européenne qui avoisine 5,3 millions de tonnes - permettent non seulement de consolider l'activité des transporteurs vers la métropole mais surtout de faire de la filière le premier employeur privé des deux îles, avec 709 planteurs et 10.000 emplois directs et indirects.
Face à la "banane dollar" sur laquelle règnent les trois géants américains Dole, Chiquita Brands et Del Monte, l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique et leurs partenaires veulent inscrire le mot durable à la jonction de l'écologie, du social et bien sûr de l'économie locale, le tout réuni sous un nouveau référentiel de production ( "Banagap").
L'aspect "social" du plan, voire sociétal, n'est pas le plus difficile à mettre en exergue : les bananeraies domiennes fonctionnent selon les réglementations françaises et européennes. Bien loin de celles appliquées dans les bananeraies d'Amérique latine ou même du Cameroun (50.000 emplois) - principal producteur de bananes parmi les pays ACP - dont la production est pourtant aidée par l'Union européenne. Mais c'est, semble-t-il, en matière d'écologie que le plan se veut le plus innovant.
Quinze ans après l'interdiction de la chlordécone - un phytosanitaire puissant, longtemps utilisé dans les bananeraies et présentant de gros dangers pour la santé de l'homme -, la filière banane domienne a déjà dû se livrer à une remise à plat de ses pratiques. Après avoir abaissé de 60% l'utilisation des produits phytosanitaires entre 1996 et 2006 - ce qui, revendiquent-ils, les inscrits parmi les plus faibles utilisateurs de pesticides au niveau mondial -, les planteurs antillais veulent aujourd'hui mettre l'accent sur la recherche et le développement pour produire "une banane propre" pour l'homme et l'environnement. Il faudra pour cela, prévoit l'accord, établir bilans et suivis complets des impacts environnementaux, développer des pratiques culturales alternatives, notamment pour supprimer l'épandage aérien, et les généraliser, via des formations, auprès de tous les planteurs. A charge pour le nouvel Institut technique de la banane de mettre en oeuvre et de coordonner le projet.
Premier fruit consommé dans le monde, la banane est au coeur de complexes règles régissant les échanges internationaux.
En Europe, depuis janvier 2006, une taxe unique de 176 euros par tonne a remplacé un système de quotas et de certifications qui tentait de réguler l'accès des bananes sud-américaines ou "bananes dollars" au marché communautaire. Depuis trente ans, la "guerre de la banane" se poursuit, les planteurs sud-américains reprochant à l'Union européenne de pratiquer des taxes prohibitives sur leurs produits. La Commission s'était déclarée prête à faire passer la taxe de 176 euros la tonne à 114 euros en 2016 ; le principe semblait acté. Mais les pays de la zone ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), qui craignent d'être évincés du marché européen, ont réclamé des contreparties à Bruxelles. Cet 'accord est suspendu. Complexe et sensible, le dossier a été intégré au cycle de Doha, à l'OMC.
La banane Chiquita et autres sont depuis des annees sous le coups d'accusations : entre conditions d'exploitation (dumping social ...) et pesticides assez toxiques pour les producteurs et l'environnement maintenant les OGM ...
Marjolaine
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| Posté par : EcoloTrader le 06 Dec 2008, 13:23 |
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Merci Marjolaine. Je mets le lien : Banane : les planteurs de la Guadeloupe et de la Martinique signent un plan de développement "durable"
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