Nucléaire : NKM souhaite "un audit" sur les devis de démantèlement

Le 31 Jan 2012, 14:00

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a souhaité mardi que soit réalisé un "audit" pour contrôler les devis de démantèlement des centrales nucléaires, après la publication du rapport de la Cour des comptes sur les coûts de la filière.

"Je demande (...) conformément à ce qui est proposé par la Cour des comptes, un audit pour contrôler les devis de démantèlement", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Il y a un questionnement sur la qualité des devis de démantèlement (...) le problème aujourd'hui c'est que les devis sont portés par les opérateurs donc il faudrait y mettre de l'expertise publique", a-t-elle estimé, reconnaissant que cet audit prendrait "un peu de temps".

Actuellement, EDF estime que le démantèlement des 58 réacteurs en activité coûtera 18,4 milliards d'euros (en charges brutes). Un montant relativement faible par comparaison aux devis et à l'expérience dans les autres pays, relève la Cour des comptes dans son rapport.

"Les chiffrages actuels doivent être regardés avec précaution, l'expérience en la matière tant d'EDF (pour ses centrales de 1ère génération) que du CEA ou d'Areva ayant montré que les devis ont tendance à augmenter quand les opérations se précisent", estime la Cour dans son rapport sur "les coûts de la filière électronucléaire".

La ministre a par ailleurs souhaité "qu'on aille au bout de l'exercice de chiffrage du coût du stockage géologique profond des déchets".

L'Agence nationale de la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été chargée de calculer les coûts qu'entraînerait un stockage dans les sous-sols profonds des déchets provenant de la production d'électricité à partir de matières radioactives.

Le devis s'élevait initialement à environ 16 milliards d'euros et a récemment été réévalué à 36 milliards par l'Andra, montant contesté par les producteurs. L'Andra devrait proposer un nouveau chiffrage en septembre prochain et l'estimation officielle doit faire l'objet d'un arrêté ministériel avant 2015.

Enfin, la ministre a reconnu qu'il sera difficile de chiffrer précisément les investissements nécessaires dans les énergies de remplacement au cas où l'on déciderait de fermer les centrales nucléaires de plus de 40 ans.

Il faudra en effet tenir compte de plusieurs éléments pour cette évaluation, selon elle, incluant "la montée de l'efficacité énergétique, la montée en puissance des énergies renouvelables (...) le prix de l'EPR", encore au stade de la tête de série actuellement et qui pourrait changer lorsqu'il sera produit à grande échelle.


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