L'ancien ministre de la Recherche Claude Allègre a reçu lundi à Paris le prix 2011 "Atoms for Peace" décerné par deux organisations internationales pro-nucléaires pour son rôle dans "la préservation et le développement de la filière nucléaire française".
Le prix "Atoms for Peace" est remis depuis 2007 par l'Institut international pour une paix durable (IISP) basé au Japon et le Conseil mondial des travailleurs du nucléaire (Wonuc) basé en France.
Le géophysicien est distingué "pour le rôle important qu'il a joué et continue de jouer grâce à ses publications, interventions, conférences pour la préservation et le développement de la filière nucléaire française, que le monde entier prend pour modèle", selon les deux organisations.
"Je ne suis pas pour le +tout nucléaire+, je suis pour le multi-sources, mais pas pour abandonner le nucléaire", a expliqué l'ancien ministre à l'AFP en marge de cette cérémonie.
"Je ne fais pas partie du lobby nucléaire, mais aujourd'hui arrêter le nucléaire, pour la France, ce serait suicidaire", a-t-il ajouté.
Dans son discours, M. Allègre s'est déclaré "scandalisé par la propagande faite à partir de Fukushima" (centrale nucléaire japonaise endommagée par un séisme et un tsunami en mars 2011). "Les 25.000 morts, ce n'est pas la centrale nucléaire, c'est le tsunami, il ne faut pas tout mélanger", a-t-il souligné auprès de l'AFP.
M. Allègre, qui a publié début 2010 un livre intitulé "L'imposture climatique", figurait parmi les seize scientifiques signataires d'une tribune parue le 27 janvier dans le Wall Street Journal intitulée "Pas besoin de paniquer au sujet du réchauffement climatique".
"Il n'y a pas d'argument scientifique convaincant en faveur de mesures drastiques pour décarboner l'économie mondiale", affirmait en particulier ce texte, en contradiction frontale avec les conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).
Interrogé par l'AFP sur les raisons de la publication de cette tribune après plusieurs mois de silence sur le sujet, M. Allègre a affirmé qu'il n'était "pas un rédacteur" du texte mais qu'il l'avait signé pour "faire plaisir à un collègue américain".
"Je ne signe jamais de tribunes à plusieurs. Là, je l'ai signée parce que j'ai beaucoup d'estime pour Richard Lindzen (professeur au MIT, l'un des signataires). Ne me demandez pas ce qu'il y a dans le détail, je ne sais pas, (...) mais je suis d'accord sur le fond".
"Le but de cet article était de dire que le réchauffement climatique ce n'est pas la priorité numéro un dont doit s'occuper le monde", a-t-il ajouté.
Le Wall Street Journal a publié le 1er février un courrier d'une quarantaine de spécialistes du climat qui ont contesté cette tribune, relevant en particulier que la plupart de ses signataires n'avaient "aucune expertise en science du climat".
© 2009 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.Article Connexes : Les ressources naturelles |
|---|
Les energies fossiles - [16/05 13:00] - AFP |
![]() |
Les energies fossiles - [15/05 17:50] - AFP |
![]() |
Les energies fossiles - [15/05 17:20] - AFP |
![]() |
L'energie nucléaire - [15/05 16:30] - AFP |
![]() |
L'énergie nucléaire est un phénomène naturel produit par la fusion de noyaux d'atomes (les étoiles en sont le résultat). L'usage civil de
l'énergie nucléaire consiste quant à elle dans la fission de noyaux d'atomes, qui libèrent une grande quantité de chaleur, convertie le plus souvent en
électricité. On utilise pour cela un métal, l'uranium, dont l'isotope U-235 est le seul élément fissible naturel.
L'énergie nucléaire ne rejette aucun gaz à effet de serre, mais dégage des particules sous forme de rayonnements (la radioactivité).
Elle est donc neutre à l'égard du réchauffement climatique, mais pose le problème du devenir des déchets radioactifs.