«À l'occasion de la semaine européenne de la mobilité, la mairie invite tous les Toulousains à changer leurs habitudes en matière de déplacements, en privilégiant la marche à pied, le vélo ou les transports en commun en lieu et place de la voiture». Pierre Cohen a lancé hier la semaine de la mobilité à Toulouse.

( Toulouse attend notamment la voiture à air comprimé pour 2009 )
Après les Assises du même nom, tenues à Toulouse du 5 mai au 28 juin, qui ont permis aux Toulousains, selon le maire, d'exprimer «le besoin fort de dessertes quartier par quartier et leur souhait d'un réseau de transport en commun en toile d'araignée», la déclinaison toulousaine de la semaine européenne permettra d'aborder, jour par jour, un thème différent : auto propre aujourd'hui mardi, déplacements piétons demain mercredi, handicap et mobilité jeudi, transports en commun vendredi et vélo samedi. Dimanche, à l'occasion de la journée du Patrimoine, on se passera de sa voiture dans le centre, et le lendemain, on devra s'en passer dans l'hypercentre.
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La voiture à air comprimé en vente en 2009 selon Guy Nègre
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| Posté par : EcoloTrader le 06 Mar 2009, 21:10 |
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La mobilité urbaine : quelle place pour la réglementation européenne? La Commission européenne a clôturé, le 15 mars 2008, les consultations sur le Livre Vert intitulé « Vers une nouvelle culture de la mobilité urbaine ». A l’heure du paquet énergie-climat et alors que 1% du PIB européen est perdu chaque année à cause des embouteillages en zone urbaine, Bruxelles pose la question du rôle de l’Union.
Contexte: En Europe, 60% de la population vit en milieu urbain, près de 85% du PIB de l’UE y est réalisé. Or, d’après la Commission, l’économie européenne souffre de lourdes pertes dues aux encombrements des grandes villes: 1% du PIB de l’UE est ainsi sacrifié, chaque année, sur l’autel des embouteillages.
Dans ce document, la Commission européenne a proposé aux parties prenantes de répondre à 25 questions allant de l’instauration d’un système de labels destinés aux villes pionnières à la gestion des fonds structurels, en passant par la conduite écologique, la qualité des transports collectifs ou la création d’un observatoire européen de la mobilité urbaine. La Commission a clos ses consultations le 15 mars. Elle a recueilli 436 contributions provenant des 27 Etats membres. 320 proviennent d’organisations, 116 de particuliers. En France, 36 organisations et 8 particuliers ont répondu au Livre Vert. Dans l’Hexagone, la mobilité urbaine est un sujet en plein essor. Colloques, laboratoires et même un mastère spécialisé y sont consacrés. Le plan climat 2004-2012, initié par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, fixait une réduction de l’ordre de 10% des émissions françaises de CO2 à l’horizon 2010. La loi instaure des PDU (« plans de déplacement urbain ») qui ont pour ambition d’offrir aux collectivités locales une palette d’outils pour agir en matière de mobilité urbaine: déplacement des administrations, co-voiturage, expérimentation de péages urbains... Formalisés en 1982, ils sont rendus obligatoires en 1996 et renforcés en 2000 par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU). En 2006, un appel à projets et un portail Internet spécifique sur la mobilité urbaine sont même lancés par le gouvernement, avant que l’opération soit reportée sine die, pour mieux « tenir compte des réflexions et orientations du « Grenelle de l’Environnement », est-il précisé sur la page d’accueil du portail Internet. Le Grenelle prévoit notamment de construire 1500 kms de lignes nouvelles de tramways ou de bus protégés dans les 10 ans et le lancement d’un projet de rocade structurante autour de Paris. Le développement des transports collectifs dans les zones péri-urbaines, le co-voiturage et l’auto-partage ne sont pas non plus oubliés.
Enjeux de la mobilite urbaineAtteinte au principe de subsidiarité ou promotion des bonnes pratiques? Avec ce Livre vert, la Commission pose en fait la question du rôle de l’UE dans ces questions de transports. Le sujet est controversé puisque les questions urbaines dépendent traditionnellement du principe de subsidiarité, relevant ainsi des collectivités locales et non de l’Union européenne.
Harmoniser les législations existantes sur la mobilite urbaineLe 24 janvier à Bruxelles, le Conseil des communes et régions d’Europe avait réclamé une harmonisation des programmes européens existants sur la mobilte urbaine. Et avait mis en garde la Commission sur le fait que le Livre Vert ne tienne pas compte de la législation existante. « Il existe de nombreuses législations européennes qui concernent le transport urbain: la qualité de l’air, les nuisances sonores, la régulation sur le transport public passagers, la directive sur les marchés publics », avait déclaré un des représentants de l’association. Après un premier report, en octobre 2008, de son plan d'action sur la mobilité urbaine, la Commission européenne a finalement repoussé sine die la publication du texte, début 2009. Ces décalages ont poussé des parlementaires européens à présenter, en janvier 2009, un rapport d'initiative sur la mobilité urbaine. Doté de 21 propositions, ce texte conditionnera la nomination du futur commissaire aux Transports (lire EurActiv.fr, 15/01/09 et 23/01/09).
Mobilite urbaine : le financement en questionIl invite également la Commission à « assumer ses responsabilités » en matière de financement. « Les investissements nécessaires pour améliorer la mobilité urbaine, tout en respectant les règles européennes, créent un important besoin de financement », affirme-t-il. Il appelle également à la création de nouveaux instruments de financement afin de subventionner les initiatives dans ce domaine.
Mobilite urbaine : la situation françaiseEn France, la situation est particulièrement préoccupante. « La spécificité française, c’est que, depuis 35 ans, les pouvoirs publics n’ont pas voulu choisir entre la voiture et les transports en commun », analyse Marie-Hélène Massot, directrice de recherche au laboratoire « Ville, Mobilité, Transport » et auteur de « Mobilité urbaine en France et innovations financières ». Et la chercheuse de citer les exemples du Danemark et de l’Autriche, où des taxes importantes sur les voitures ont eu pour effet d’en réduire considérablement l’usage. Par ailleurs, dans l’Hexagone et malgré des initiatives de type Velib’ à Paris ou Velo’v à Lyon, la part de vélos dans les transports urbains ne bouge pas significativement. En Ile-de-France, la RATP, la SNCF et 90 entreprises privées exploitent les transports publics de la région. Leur activité est coordonnée par le STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France). Si les différents opérateurs ne sont pas mis en concurrence, des contrats passés entre le STIF et la région fixent des objectifs à atteindre. Dans la région, le nombre de déplacements est stable, mais les distances parcourues, tous modes de transport confondus, ont augmenté de plus de 45% en 20 ans. Et dans une région où la ville de Paris regroupe plus de 22 millions des déplacements, l’enjeu principal est surtout le transport de banlieue à banlieue. Chaque jour, 4 millions de déplacements ont lieu entre Paris et la banlieue, auxquels s’ajoutent 800 000 déplacements de banlieue à banlieue. Mais pour Marie-Hélène Massot, l’harmonisation européenne est essentiellement économique. « La question est de savoir ce que l’on produit et à quel coût », résume-t-elle. « L’engorgement des villes provoque une perte de PIB », ajoute Jean-Marie Boussier, responsable du mastère spécialisé « mobilité urbaine, avancée et durable » à l’EIGSI, école d’ingénieurs située de La Rochelle. « Les villes sont moteurs de l’économie. » 85% du PIB français est en effet réalisé en ville.
Positions: Le gouvernement français rappelle que la Commission devra laisser « une large place à la subsidiarité », tout en soutenant une mobilité urbaine durable. Il demande « l’harmonisation des critères pour la définition des zones vertes », mais rappelle aussi l’importance de soutenir la recherche en renforçant la coordination entre les travaux entrepris par les différents Etats membres. Paris plaide aussi pour que l’UE agisse par le biais de la réglementation. Le texte évoque de nombreux domaines : les émissions des véhicules, la conduite écologique, les sanctions transfrontalières et les instruments économiques appliqués aux transports. Enfin, la France souligne « la nécessité de traiter de façon conjointe les problématiques de transport et d’urbanisme ». « Une approche fragmentée, affirme le texte, ciblée sur certains aspects tels que le transfert modal, les technologies propres, les services d’information, serait très insuffisante. » Le Groupement des autorités responsables de transport (GART) salue la création d’une « boîte à outils » à l’usage des collectivités, mais appelle l’UE à ne pas les contraindre. Il souhaite également que l’attribution de fonds structurels et de fonds de cohésion soit assujettie au développement d’un plan de mobilité durable, incitant ainsi au développement d’un « transport urbain intégré et durable ». Le Groupement suggère également d’encourager les marchés publics verts et la recherche dans le domaine des énergies propres pour faire en sorte que le recours aux technologies propres ait « un coût acceptable ». En revanche, concernant la création éventuelle d’une charte européenne des droits et devoirs des passagers des transports collectifs, le GART avertit : « Traiter uniformément des contextes et besoins très variés peut manquer de pertinence et mener à des contraintes trop fortes pour les échelons locaux. »
De manière générale, la RATP souhaite que l’UE soutienne les autorités locales dans leurs initiatives et participe à la diffusion des bonnes pratiques. Ces deux organismes soulignent par ailleurs que la mise en place d’un label peut être intéressante, à condition qu’il ne devienne pas le critère d’attribution de financements.
La région réclame également une « véritable réglementation » en matière d’émissions de gaz à effet de serre et rejette l’idée de la charte européenne des transports avancée par la Commission. La délégation pour l’Union européenne du Sénat s’est, elle aussi, prononcée sur le Livre vert. Les sénateurs émettent de forts doutes sur la mise en place d’un système de label, tant les critères leur semblent difficiles à évaluer.
Dans de nombreux domaines, comme la mise en place de marchés verts, le développement de meilleurs services d’information pour les voyageurs ou les radars automatiques adaptés à l’environnement urbain, les sénateurs demandent à l’Union de se limiter à favoriser l’échange de bonnes pratiques. Concernant les questions financières, la délégation suggère d’adapter la réglementation des fonds structurels lors de la prochaine programmation. L’Union des transports publics et ferroviaire (UTP), qui représente les entreprises de transport public et de fret ferroviaire en France, a également pris position sur le sujet. « L’Union européenne doit avoir un vrai rôle d’impulsion », affirme d’emblée le texte. Avant d’ajouter : « seules des actions harmonisées au niveau européen sont susceptibles d’avoir une réelle efficacité et de permettre le respect des engagements pris en matière de développement durable ». L’UTP plaide pour :
De son côté, l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie (ACFCI), se félicite que la Commission européenne ait reconnu qu'en matière de mobilité urbaine on ne peut pas "imposer d'en haut des solutions qui risquent d'être inadaptées à la diversité des situations locales".
Eurocities, enfin, souligne l'importance de l'approche intégrée dans le développement d'une politique de mobilité urbaine. L'association insiste également sur le nécessaire «lien entre le débat sur la mobilité urbaine et les sujets comme le changement climatique, l'efficacité énergétique, le changement démographique et la croissance». Elle soutient aussi la création d'un observatoire de la mobilité urbaine.
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