Les éoliennes en danger face à un durcissement de la loi

Le 15 Apr 2010, 17:50

Depuis 1990, les avancées technologiques en matière d'éoliennes ont permis le développement d'aérogénérateurs de plus en plus performants. Servant à produire un courant alternatif alimentant les réseaux électriques, l'éolien joue désormais dans la même cours que le nucléaire ou l'hydro-électrique et espère rattraper son retard par rapport à l'énergie solaire. Selon l'Observatoire des Energies Renouvelables, l'éolien représente actuellement la filière énergétique la plus dynamique dans le monde et ce, notamment grâce à la politique de développement durable engagée par l'Union Européenne depuis quelques années.

La production d'électricité éolienne affiche ainsi une croissance annuelle de 37,8% depuis 1993. Mais alors que l'Allemagne (principal utilisateur de l'éolien au monde) et l'Espagne (autre producteur d'importance) jouent un rôle majeur dans le processus de démocratisation de l'énergie éolienne, la France reste largement en retard dans ce domaine (en 2005, le parc éolien français représentait moins de 1% de la production électrique totale).

Notre pays dispose pourtant de toutes les conditions naturelles pour s'imposer comme un leader sur ce marché, avec notamment le deuxième gisement éolien d'Europe (ressource en vent). Seulement voilà, la semaine dernière, la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a en effet adopté une série d'amendements à la loi Grenelle 2, qui sera examinée le 4 mai prochain, durcissant les conditions d'implantation. Les parcs éoliens, déjà soumis à enquête publique, devraient désormais égalements être inscrits en installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), intégrés dans des schémas régionaux et développer une puissance minimale de 15 mégawatts, soit au moins 5 à 7 mâts.

Des propositions qui font bondir André Antolini (président du syndicat des énergies renouvelables) : «On veut nous mettre des bâtons dans les roues, en créant des procédures toujours plus lourdes. On nous parle de protection des paysages, mais on veut nous obliger à installer uniquement des grands parcs. Cinq éoliennes se voient moins qu'une ou deux peut-être?» Pour Matthieu Blandin, chef de projet chez Valorem, spécialiste des énergies renouvelables, la procédure «ne peut que nous ralentir. Entre le moment où l'on choisit un site et celui où on met en route les éoliennes, il faut huit ans. Là, ça prendra dix à douze ans minimum.»

«Nous se sommes pas contre l'éolien, nous voulons juste éviter un développement anarchique», répond le député UMP Patrick Ollier, à l'origine des amendements. Mais pour les industriels, ces «restrictions» riquent de faire capoter les objectifs du Grenelle de l'environnement, qui prévoit que 10% de l'électricité produite en France soit issue du vent en 2020, contre 1,5% actuellement. Pour cela, il faudrait un total de 9.000 éoliennes sur l'ensemble du territoire. Il y en a aujourd'hui un peu moins de 3.000.


Source : Bati Dépot : lien


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