En s'appuyant sur plusieurs nouvelles études de données satellitaires et sur des modélisations climatiques régionales, des chercheurs notamment du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE Grenoble) et de l'Université catholique de Louvain (Belgique) viennent de montrer une accélération de la fonte superficielle de la calotte glaciaire du Groenland. D’autres études mettent en avant un glissement de la calotte suite à ces fontes accélérées.
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Le problème de la fonte des glaces polaires
Actuellement il est difficile de prévoir la réelle montée des eaux auquel nous ferions face d’ici a la fin du siècle. En effet pour modéliser cette montée dont on peut voir apparaitre des cartes ici ou la (LeMonde du 24 septembre 2008), il faudrait enfin savoir de combien la température continuerait de monter sur terre, et par la suite comprendre le phénomène de fonte des glaces.
Or, il s’avère que le dernier rapport du GIEC qui s’est penché sur cette problématique ces dernières années, serait peut-être un peu trop optimiste.
Sur la période 2007/2008, des études tendent à montrer une accélération du phénomène de fonte de la calotte glaciaire notamment du Groenland. L’effet mal appréhendé est explicable simplement : la fonte des glaces de surface s’accélère entrainant un glissement substantiel du socle et l’immersion du Groenland dans des eaux de plus en plus chaude.
L’effet est étonnamment plus rapide et rend perplexe la communauté scientifique.

( carte du WWF montrant l'évolution de la superficie de la calotte glaciaire 1985/2005/2007 )
Les études
Selon le LGGE de Grenoble, et les constations satellitaires, entre 1979 et 2005, la surface du Groenland touchée par la fonte au moins un jour par an s'est accrue de 42 %, tandis que la température moyenne d'été augmentait de 2,4°C.
Cette année 2 voies maritimes ont été « officiellement » ouverte, après des années de rétrécissement en surface et en épaisseur de la calotte glaciaire pendant l’été : l’une reliera l’Europe au Japon en longeant la Russie jusqu’au détroit de Behring, et le second passage permettra d’aller du côté Atlantique des Amériques en Chine en passant au nord du Canada.

( passage libéré pour la voie maritime du Nord-Ouest : source ESA)
Les preuves du réchauffement de la planète s'accumulent s’inquiète Jean Louis Etienne, qui tend à mobiliser les forces vives et intellectuelles du Pays en participant notamment à des commissions d’enquêtes de l’Assemblée Nationales: « les modèles climatiques indiquent que ce réchauffement résulte pour l'essentiel de l'augmentation des teneurs en gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Dans ce contexte et compte tenu de l'impact de la fonte des glaces groenlandaises sur le niveau des mers et sur le climat du pourtour atlantique, l'évolution actuelle et future de la calotte glaciaire du Groenland revêt une importance primordiale pour nos sociétés ».
Selon donc les chercheurs du LGGE et de l'Université catholique de Louvain, qui ont combiné leurs expertises, ils ont employé une double approche reposant sur
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un modèle numérique récent de simulation du climat régional et,
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sur un nouveau traitement des données satellitaires dans le domaine des micro-ondes.
Le modèle numérique utilisé permet de suivre précisément l'état de conditions atmosphériques importantes comme les vents, la température, la pression atmosphérique, l’humidité, les nuages mais aussi les précipitations et l'état de la neige de surface et de la glace (température, accumulation ou fonte du manteau neigeux, fonte de la glace).
Le nouveau traitement appliqué aux données micro-ondes issues des satellites, consiste à corriger l'effet produit par les nuages d'eau liquide présents au-dessus de la zone étudiée.
Les résultats obtenus à partir du modèle climatique indiquent que l’on aurait sous-estimé l'étendue des zones de fonte.
Selon ces études, rapportées par le CNRS dans leur publications, mais aussi par le scientifique Jean-Louis Etienne, elles conduisent à une révision à la hausse, d'un facteur 2 par rapport aux précédentes estimations, de l'accélération de la fonte de surface ayant affecté la calotte groenlandaise au cours des 25 dernières années.
La fonte du Groenland en chiffres
C'est au nord du Groenland que le phénomène est le plus fort avec des épisodes de fonte les plus importants et ce jusqu'à plus de 1 500 mètres d'altitude, ce qui n'avait jamais été décelé par les satellites auparavant.
On parle d’un réchauffement estival moyen sur l'ensemble du Groenland de 2,4°C. Cela représente près de 550 000 kilomètres carrés, une augmentation de 42 % de la surface touchée par rapport à 1979, c'est-à-dire à une surface supplémentaire de fonte égale au tiers de la superficie de la France métropolitaine.
De plus cette accélération de fonte des eaux de surface doit être mis en relation avec un phénomène peu développé jusqu’ici. Deux nouvelles études sur le mouvement et la fonte des glaces suggèrent que l’apparition de l’eau en surface peut produire des drainages considérables et des mouvements sismiques de la calotte glaciaire du Groenland.

( l'eau libre en surface "lubrifie" la base qui accélère la fonte des glaces ... : source LeTemps )
En effet les eaux de fonte en surface finissent par lubrifier la base de la calotte et accélérer son glissement sur les rochers. Selon Sarah Das, Ian Joughin et leurs collègues « Jusqu’à présent, nos résultats suggèrent que la lubrification accrue par les eaux de fonte de la surface auront un effet substantiel mais pas catastrophique sur l’évolution future de la calotte glaciaire du Groenland » écrivent-ils.
Pour autant cette lubrification entraine une fragmentation de la calotte plus franche, sonc son délitement prononcé.
Gageons que nous nous pourrons suffisamment patienter afin de mettre en place des mesures urgentes dans nos sociétés pour éviter un trop forte montée des eaux (et accroissement de phénomènes météorologiques violents …) qui entraineront des déplacements massifs de populations (îles du Pacifiques, pays du Bénélux et France, en Chine Méridionale ou en Louisianes) et des perturbations de notre système économique.
L’appel est lancé et notre engagement doit être fort et délaisser le système du « business as usual » (traduisible par la théorie selon laquelle nous ne sommes pas responsables de cette évolution, ne changeons donc pas nos habitudes).
Par EcoloTrader