Le gouvernement bulgare a décidé mardi de retirer à la compagnie américaine Chevron une autorisation accordée en juin d'explorer et d'extraire du gaz de schiste dans le pays, évoquant des inquiétudes pour l'environnement.
"Le gouvernement a retiré son autorisation d'exploration" accordée à Chevron à la mi-juin, selon un communiqué gouvernemental.
"Cette décision est motivée par l'insuffisance de données garantissant la protection de l'environnement lors d'un recours à la méthode de fracturation hydraulique", poursuit-il.
Le gouvernement avait accordé à la mi-juin une autorisation de cinq ans sur le champ de 4.398 km2 autour de Novi Pazar (nord-est) à l'issue d'un appel d'offres pour l'exploration de gisements de gaz de schiste.
Chevron avait gagné face à son concurrent canadien BNK pour avoir proposé au gouvernement bulgare une prime de 30 millions d'euros. Toutefois un accord avec la société américaine n'a pas été signé comme prévu.
Suite aux protestations d'organisations écologistes et de la population locale, le parlement s'apprête à adopter mercredi un moratoire sur la prospection et l'extraction de gaz de schiste en interdisant explicitement le recours à la technique de fracturation hydraulique.
La commission parlementaire de l'économie et de l'énergie a adopté, à l'issue de débats houleux lundi, un projet de moratoire qui prévoit une amende de 500 millions d'euros en cas de non respect.
Selon ce projet, le moratoire sera en vigueur jusqu'à l'adoption d'amendements à la loi sur la protection de l'environnement qui introduira une expertise écologique obligatoire de l'impact de la méthode de prospection.
Les représentants de l'organisation écologiste Fracking Free Bulgaria ont reproché au pouvoir de ne viser qu'un bref moratoire pour calmer les protestations.
Des milliers de Bulgares avaient manifesté samedi dans tout le pays contre les projets d'exploration de gisements de gaz de schiste, réclamant un moratoire sur le recours à la fracturation hydraulique.
La commission parlementaire a rejeté un projet de loi, présenté par l'opposition socialiste et inspiré de l'expérience française, d'une interdiction du recours à la fracturation hydraulique, seule méthode disponible de prospection pour le gaz de schiste.
La France est le premier pays européen à avoir adopté l'année dernière une loi interdisant la méthode de la fracturation hydraulique.
La commission a également rejeté un projet de moratoire de 20 ans proposé par les ultra-nationalistes d'Ataka.
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Les énergies fossiles proviennent de l'exploitation de roches qui se sont formées par fossilisation de
végétaux enfouis dans le sol. Ces roches, ou combustibles fossiles, se présentent sous forme solide (tourbe, houille, charbon),
liquide (pétrole), ou emprisonnant du gaz (gaz naturel).
Cette lente fossilisation s'effectuant dans des conditions géologiques très spécifiques,
le premier problème de l'énergie aujourd'hui est l'épuisement progressif des ressources fossiles.
Les énergies fossiles sont obtenues par combustion de ces matières riches en carbone (le pétrole et le gaz naturel sont des hydrocarbures),
produisant ainsi du dioxyde de carbone ou CO2. Apparaît alors un deuxième problème majeur : l'aggravation de l'effet de serre.