L'algue prochaine source de développement durable

Le 16 Jul 2008, 16:56
L'algue au service de la nutrition, l'algue sauce cosmétique, l'algue source de molécules médicamenteuses ou l'algue source de matière industrielle (bioplastiques...), et maintenant l'algue source d’électricité et de développement durable !
 
 

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Les algues s'exploitent de différentes façons

Pour la France, les quelques 70.000 tonnes d'algues récoltées (en augmentation presque chaque année) et spécifiquement en Bretagne (première zone de production de l'hexagone) sont ramassées par une cinquantaine d'exploitants équipés de goémoniers (bateaux dédié à la récolte). 
Nous allons voir successivement les différentes formes de « consommation » :
 
 

L’algue pour l’agroalimentaire

Dans l'agroalimentaire, les usines des sociétés comme  Danisco (Landerneau) et Degussa (Lannilis) font figure de poids lourds en Finistère Nord : à partir d'algues laminaires récoltés sur place, ces "alginatiers" produisent des alginates (gélifiants extraits d'algues sous forme de poudre)  utilisés dans l'alimentaire (texturants pour les yaourts, par exemple) ou d'autres secteurs (fabrication de pâte à papier...). 

On trouve aussi une dizaine de PME comme Algues de Bretagne (Rosporden, Finistère), qui commercialise des algues alimentaires ramassées sur les côtes bretonnes, ou Olmix (Bréhan, Morbihan), qui fabrique en particulier pour l'alimentation animale des additifs à base d'extraits d'algues stimulant l'immunité naturelle (pour remplacer les antibiotiques dans l'alimentation animale).
 
 

L’algue en cosmétique

Le secteur cosmétique compte aussi un nombre important d'entreprises. Le laboratoire Sciences et mer (Brest) fabrique des poudres d'algues (à partir de laminaires, fucus, chondrius...) pour ses gammes de produits (enveloppement, boues marines, cataplasme) et fournit les centres de thalassothérapie. Citons aussi, par exemple, Secma technologies marines (Pontrieux, Côtes d'Armor), Sétalg (L'Armor Pleubian) spécialisée dans la cosmétologie et  l'alimentation ou Océalys (Plouzané, Finistère) qui récolte elle-même une trentaine d'espèces d'algues à Molène pour ses cosmétiques marins.
 
 

L’algue pour la Santé

La Bretagne compte aussi des sociétés qui exploitent les microalgues possédant des propriétés intéressantes pour la santé. La Somaig à l'Ile-Grande (Côtes d'Armor) cherche, par exemple, des molécules anti-cancéreuses. On pourrait en citer d'autres : la société Thalgo Nutrition (qui a mis au point le complément nutritionnel Ménocéane), la société Codif (qui commercialise la gammes d’ingrédients Phycosaccharides) ou encore les laboratoires Le Stum (qui ont lancé le complément nutritionnel Xénosulf).
 
 

L'algue consommatrice de CO2

Les recherches actuelles se portent sur l’utilisation des algues pour consommer le CO2 que nous produisons à la sortie de tout dispositif industriel qui en produit. C’est-à-dire les fours ou les usines de production d’électricité à partir de combustibles de tous types, fossiles ou renouvelables, qui passent par une combustion.
Les algues en effet ont l’avantage de se reproduire « à toute vitesse » et ont besoin pour se développer de CO2 comme les autres végétaux terrestres. Outre un lampadaire urbain sortis des laboratoires de la société Tyca munis d’algues dévoreuses de CO2, aux Etats-Unis le laboratoire GreenFuels Technologies créé par un ancien du MIT, développe le concept, et en Europe, la société Schmack Biogas AG ont développé des procédés de purification de biogaz grâce à des micro-algues.
 
  • Comment cela marche ? 

 
Les algues sont disposées dans des tubes transparents où elles sont exposées à la lumière du jour qui les fait se développer. Puis on fait circuler dans le circuit des effluents gazeux en provenance d’un four par exemple qui leur fournit le deuxième élément nécessaire à leur croissance le CO2. Une fois débarrassés de CO2, les gaz sont renvoyés dans l’atmosphère purifiés.
Les algues elles-mêmes sont évacuées régulièrement du circuit au fur et à mesure qu’elles grossissent. Une fois séchées, elles sont utilisées comme une matière première végétale bon marché pour soit :
  1. en extraire des produits mélangeables à du diesel,
  2. entrer dans un cycle de fabrication d’Ethanol à partir de leur biomasse. 

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( schéma d'utilisation énergétique des algues : source Agoravox )

 
 
  • Essais concluants de réduction de CO2 par les algues (micro-algues)

 
Les premiers essais sont en cours d’ores-et-déjà dans une centrale au charbon et  Greenfuel Technologies qui exploite le site expérimental, espère en démarrer deux autres et passer au stade du pilote pré-industriel.
Pas de problème financier pour ces sociétés, des investisseurs californiens ont déjà mis 11 millions de dollars dans l’aventure.
 
Plus au Nord, dans l’Ohio, état frontière avec le Canada et berceau de l’automobile américaine, d’autres chercheurs travaillent sur un système de culture de microalgues sur des parois verticales souples en utilisant une technologie canadienne pour collecter et transmettre la lumière solaire par fibres optiques. Le but étant de maximiser l’exposition solaire et de minimiser l’encombrement des bioréacteurs.
Quant à Schmack-biogas, elle cherche à optimiser à l'échelle pilote son projet qui durera jusqu'à fin 2008 et sera financé par l'agence allemande des matières premières renouvelables FNR.

Le programme Rotterdam Climate Initiative (la municipalité et le port autonome de Rotterdam en font partie) a rassemblé des spécialistes de l'énergie et de l'industrie des algues à Rotterdam afin d'évoquer le développement de culture en bacs fermés d'algues en pleine mer ou sur sol.
Epobio, la plate-forme scientifique financée par l'Union européenne cherche a évaluer ce potentiel au sein de toute les autres ressources renouvelables d'origine végétale non alimentaire (valorisation des déchets, biomatériaux, etc).
 
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(Epobio : plate forme scientifique de recherche énergétique renouvelable)
 
 
Les processus permettent de réduire les émissions de CO2 dans les gaz d’usine ou de four autour de 40 % et dans les nitrates de l'ordre de 86 %. Un progrès significatif.
 
  • Autre voie de développementL’ A.G.M.

 
Les biologistes américains comme  Craig Venter connu pour ses succès dans le développement du génome humain, au sein de sa nouvelle start-up synthetic genomics, essayent de fabriquer des micro Algues Génétiquement Modifiées pour améliorer le rendement des processus naturels. 
 
 
 

L’algue comme agro carburant de seconde génération

 
Toutes ces recherches prennent du temps, mais certaines techniques plus basiques sont presque prêtes pour un passage au processus industriel à grande échelle, à l'image de l'accord annoncé  entre la compagnie aérienne franco-néerlandaise Air France-KLM et la société technologique néerlandaise AlgaeLink pour la production de carburant à base d'algues destiné aux avions.
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La société AlgaeLink, implantée dans le sud des Pays-Bas, a annoncé avoir signé un accord exclusif avec KLM portant sur le développement d'un carburant alternatif à base d'algues, selon le directeur de l'exploitation d'AlgaeLink, Peter van den Dorpel. Ce dernier a par ailleurs indiqué que le projet était en train de prendre de l'ampleur avec la culture d'algues aux Pays-Bas et en Espagne, dans la perspective qu'AlgaeLink commence à livrer le carburant à KLM d'ici à la fin 2008.
 
 
En France, Olmix (Bréhan, Morbihan), s’est lancé dans le projet Morgane afin de produire de l’électricité et maintenant par extension, du carburant (gaz) pour véhicule, grâce notamment au ramassage d’excès d’algues sur les côtes.  
 
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(Olmix en Bretagne travaille sur le retraitement de déchets dont l'algue pour produire de l'électricité)
 
"Les algues vertes indésirables, une fois ramassées sur la plage, deviennent un déchet, qu’il est nécessaire de gérer avec un objectif de valorisation, au même titre que d’autres déchets de l’activité urbaine, agricole ou industrielle" souligne Pierre Yves Tanguy de la société. Car environ 700.000 tonnes d'algues vertes sont ramassées en Bretagne, auquel il faut ajouter les 40.000 tonnes de déchets agricoles.
 
Et les algues ne manquent pas, malheureusement, dû essentiellement au déséquilibre physico-chimique des eaux de Bretagne. D’ailleurs la Commission Européenne menace toujours de porter plainte contre la France, pour ses eaux non-conforme à la législation référente.
 
Selon le CEVA, le Centre d'Etude et de Valorisation des Algues, voici les zones de Bretagne ou les algues sont le plus envahies :
 

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Un sujet à suivre de près...
 
 
Source: Olmix, Epobio, CEVA, Air France/KLM, AgoraVox
 
 
Par EcoloTrader


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