Il pousse sur des sols pauvres, ces fruits produisent en abondance de l'huile et surtout n'est pas comestible. Est-ce que cette plante pourrait être une ressource pour les biocarburants de seconde génération ? Le Jatropha curcas sauvera t’il de la famine les pays émergents pour laisser les pays développés conduire leurs véhicules à moteur thermique ?

Le Jatropha
Jatropha curcas en quelques mots est une espèce d'arbuste de la famille des Euphorbiaceae originaire du Brésil. Mais c’est en Asie et en Afrique qu’il se développe le plus. Dans ces régions il est appelé pourghère ou tabanani en sénégalais ou bagani « poison ».
Sa graine selon les variétés contient 27 à 40 % d’une huile appelée huile de jatropha.

( Le Jatropha, non comestible, permet de produire des biocarburants de seconde génération )
Le Jatropha : plante non comestible cultivée
Le Jatropha pousse en climat tropical et subtropical.
Son enracinement profond, lui permet de résister à des périodes de sécheresse prolongée. Il ne nécessite aucun entretien particulier mais, pour bien fructifier, a besoin d'au moins 400 à 600 mm de précipitations annuelles.
Le fruit était utilisé dans la médecine traditionnelle, en savonnerie, en engrais, en électricité par combustion de résidus, dans l'alimentation du bétail et plus récemment comme biocarburant, ce qui lui vaut le surnom "d'or vert du désert".
Le Jatropha sera donc l'atout maitre dans la course au biodiesel, puisqu'il ne rentre pas dans le circuit alimentaire. Côté rendement, 1 hectare de 1.500 pieds de jatropha permet de récolter 6 tonnes environ de graines. Chaque tonne permettant de produire environ 200 litres de bio carburant. Il est possible de retrouver le Jatropha en haie.

( champs de Jatropha pour des agrocarburants de seconde génération )
C'est la prochaine génération de carburant, prédit tous les experts en commençant par le Times ou le Wall street Journal qui cite les études de Goldman Sachs.
Seul inconvénient : le temps car il faut attendre au moins 7 ans pour obtenir dans des conditions acceptables, un arbuste quasi adulte et bien productif. Gageons que la course au rendement -et à l'investissement- ne poussent à l'utilisation massive d'engrais.
Equivalent baril pétrole
L'équivalent baril du produit issu du Jatropha couterait de fois moins cher que le maïs et serait de meilleure qualité.
On ne s'y trompe pas, les pays africains mais aussi sud-asiatiques ont déjà commencé à en planter à l'image de la Thaïlande, des Philippines, la Chine et même l'Arabie Saoudite ou plus étonnant Thénergo en Belgique (project Greenpower).
Le bio fuel ou biocarburant
Développer le
biocarburant ou plutôt
agro-carburant et non "comestible" devient une urgence car la colère gronde et monte dans le monde. D'ou la nécessité de développer les agrocarburants de seconde génération comme le Jatropha ou
les algues qui portent des espoirs importants (lire :
politique énergétique et biocarburant de seconde génération )
D’ailleurs les négociations sur le réchauffement climatique à Bangkok se déroulent dans un contexte de critiques sévères contre ces agrocarburants qui ne sont plus désormais considérés comme une solution miracle ! Il y a peu, Peter Brabeck, le patron de Nestlé avertissait sur le danger d'un recours accru aux matières premières alimentaires pour la production d'agrocarburants qui mettrait en péril l'approvisionnement alimentaire de la population mondiale.
Nous tombons dans l'excès inverse, le curseur toujours loin de la zone de Développement Durable.
L'exemple de l'Indonésie est frappant mais il y en d'autres ! Devenu le premier producteur mondial d'huile de palme pour les biocarburants, cela a continué à déstabiliser le marché alimentaire: L'huile de palme rentre comme ingrédient de base servant à la préparation du plat national le nasi goreng (de riz frit) et accélérant la destruction massive d'immenses forêts naturelles, notamment sur tourbières, un écosystème humide composé en strates d'accumulation de matières organiques (donc libérant à outrance de Gaz a Effet de Serre -GES).
Les biocarburants sont donc tant decriés, alors que ces agrocarburants de seconde génération apporteraient, de la croissance grâce à la R&D, des emplois, notamment dans les pays en voie de développement. Pourtant ils sont jugés comme un remède pire que le mal et l’union Européenne a aussi relativisé sa position et a revu à la baisse les objectifs en la matière afin de mieux assurer une croissance durable et équilibrée.
Par EcoloTrader