L’Agence spatiale européenne (ESA) est sur le point de lancer une mission d’une complexité extrême ayant pour objet d’étudier le champ de gravité terrestre et d’établir une carte de la surface de référence (le géoïde) de notre planète avec une résolution et une précision inégalées. Présentation du programme par l'Agence Spaciale Européenne.
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Le satellite GOCE en mission d’étude de la gravité et de la circulation océanique en régime stable, sera lancé sur une orbite basse quasi-héliosynchrone par une fusée russe.
Informations sur le lancement de la mission GOCE
Le satellite sera lancé par une fusée Rockot depuis le cosmodrome de Plesetsk, situé à environ 800 km au nord de Moscou.

( Arrivée du statellite dans un antonov : image Krunitchev ESA )
Le décollage qui devait avoir lieu le mercredi 10 septembre à 16h21 (heure de Paris) a du être annulé le dimanche 7 septembre.
Anomalie
C’est en raison d'une anomalie détectée dans une des unités du sous-système de guidage et de navigation de l'étage supérieur (Breeze KM) du lanceur Rockot.

(installation du satellite GOCE : photo ESA)
Pour résoudre ce problème, il sera nécessaire de remplacer cette unité, ce qui implique la dépose du composite supérieur du lanceur et son retour de la zone de lancement vers le hall d'intégration. Une fois le composite revenu en salle blanche, la coiffe qui protège le satellite sera ouverte puis GOCE et son adaptateur seront séparés de l'étage supérieur afin de donner accès à l'équipement qui doit être remplacé sur l'étage Breeze KM.
Report de date de lancement
En tenant compte de la durée nécessaire pour les opérations de remise à niveau et pour la nouvelle intégration de l'adaptateur, du satellite et de la coiffe, le lancement a dû être reporté au 5 octobre, à la même heure (16h21, heure d'Europe continentale). Le satellite et sa mission ne seront pas affectés par ce retard.

( GOCE / Eurockot Launch Service : image ESA )
Rockot
Le lanceur Rockot est exploité par Eurockot Launch Service.
Eurockot Launch Services GmbH est une filiale commune d'EADS Astrium (51%) et du Centre spatial Khrounitchev en Russie (49%) qui fournit des services de lancement pour les opérateurs de satellites en orbites basses à l'aide du lanceur Rockot.
Le satellite GOCE
Ce satellite de 1 tonne de l’ESA sera équipé de six accéléromètres ultra sensibles de haute technologie, destinés à mesurer les composantes du champ de gravité selon trois axes. A partir des données recueillies par GOCE, les scientifiques établiront une carte à haute résolution du géoïde, c’est-à-dire de la surface de référence de notre planète, ainsi que des anomalies gravitationnelles. Cette carte permettra de faire considérablement progresser les connaissances sur la structure interne du globe terrestre et de disposer d’une bien meilleure référence pour étudier les océans et le climat, notamment les modifications du niveau de la mer, la circulation océanique et la dynamique des calottes polaires.

( La terre version geoïde : image ESA)
Mission GOCE
La mission GOCE devrait aboutir à de nombreuses applications en climatologie, en océanographie et en géophysique, mais aussi dans les domaines de la géodésie et de la localisation.
Technologie spatiale avancée
Pour parvenir à réaliser cette mission, l’ESA, ses partenaires industriels (45 entreprises européennes pilotées par Thales Alenia Space) et la communauté scientifique ont dû relever un défi technique impressionnant. Il s’agissait en effet de concevoir un satellite qui puisse évoluer suffisamment près de la Terre pour recueillir des données gravitationnelles de haute précision tout en s’affranchissant des perturbations dues à la présence d’une atmosphère résiduelle sur orbite terrestre basse (à 260 km d’altitude seulement). Les efforts déployés dans ce sens ont abouti à la réalisation d’un satellite aérodynamique de 5 mètres de longueur, évoquant la forme d’une flèche et doté de propulseurs ioniques de faible puissance pour la compensation de la trainée atmosphérique.
La relation Homme / Environnement
GOCE est la première mission de base du Programme d’exploration de la Terre entrepris par l’ESA en 1999 dans le but de faire avancer la recherche sur l’atmosphère terrestre, la biosphère, l’hydrosphère, la cryosphère et l’intérieur du globe ainsi que sur leurs interactions, et de mieux comprendre les conséquences des activités humaines sur ces processus naturels. Elle sera la première d’une série de missions d’exploration de la Terre à venir, avec cinq lancements prévus au cours des deux prochaines années.
GMES et les futurs projets d’observation de la terre : le monitoring
GMES pour Global Monitoring pour l’Environnement et la Sécurité
Deux autres missions de base, qui aborderont des thématiques spécifiques répondant à des préoccupations importantes pour le grand public, sont en cours de développement : ADM-Aeolus, qui étudiera la dynamique atmosphérique (2010), et EarthCARE, destinée à explorer le bilan radiatif terrestre (2013). Trois missions circonstancielles d’exploration de la Terre, de moindre envergure, sont également en préparation : Cryosat-2, qui mesurera l’épaisseur des glaces (2009), SMOS, conçue pour étudier l’humidité des sols et la salinité des océans (2009), et Swarm, qui aura pour objet de suivre l’évolution du champ magnétique (2010).

Plan médiat de l’ESA
L’ESA retransmettra en direct aux organismes de radiodiffusion des images du lancement provenant de Plesetsk et du centre de contrôle de l’ESA/ESOC à Darmstadt (Allemagne) (pour plus de détails, consulter le site http://television.esa.int).
Des dirigeants de l’ESA ainsi que des spécialistes du programme seront disponibles à l’ESRIN pour fournir des explications et accorder des interviews. Le grand public pourra également suivre la vidéotransmission de cet événement sur le site http://www.esa.int/goce.
Source : réalisé exclusivement à partir des documents de l’ESA
Par EcoloTrader