Le comité 21, ou comité français pour le développement durable, a émis de fortes réserves à l'égard du premier avant-projet de déclaration finale de la conférence de l'ONU Rio+20, du 20 au 22 juin à Rio.
Le Comité 21 est une association à but non lucratif réunissant quelque 500 organisations, née en 1995 pour faire vivre "l'agenda 21" ratifié à Rio au Sommet de la Terre de 1992.
20 ans après, la prochaine conférence des Nations-Unies sur le développement durable a pour objectif d'établir un bilan de la planète et d'envisager des objectifs pour parvenir à un modèle d'économie plus verte et plus sociale, à l'horizon 2030.
L'avant-projet, intitulé "L'avenir que nous voulons", qui vient d'être rendu public, constitue la base des négociations entre les Etats. Un premier tour de négociations doit intervenir à partir de mercredi à New-York.
Le texte, en 19 pages, est une déclaration de principe rappelant les engagements de jadis et envisageant les moyens d'opérer une transition vers une "économie verte", en prenant en compte la lutte contre la pauvreté et le respect de l'environnement.
Parmi les thèmes prioritaires, il cite la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau, l'exploitation des ressources marines, les énergies renouvelables, le développement des emplois "verts"... Il se donne quelques objectifs, comme l'accès universel à l'énergie.
Il a déjà été critiqué par des experts et des ONG comme vague et manquant de force.
"C'est un texte qui manque d'ambition, de référence au local, et de diversité", a dit à l'AFP Gilles Berhault, président du comité 21.
Il relève encore qu'il n'y a pas de vrai calendrier, pas d'indicateurs, que "ça manque de concret".
Sans évoquer en tant que telle la possibilité de créer une Organisation mondiale de l'environnement, qui pourrait donner plus d'efficacité à la gestion des problèmes et qui tient à coeur à la France, le texte envisage avec beaucoup de prudence l'éventualité de la création d'une agence spécialisée des Nations-Unies pour l'environnement.
"Il y a eu un bel enthousiasme après Rio, maintenant il faut reconstruire l'enthousiasme", estime Gilles Berhault, pour qui une éventuelle "réforme de la gouvernance mondiale" devrait se faire en s'appuyant sur l'expérience des territoires et en intégrant la société civile.
"Il faut une vraie gouvernance fondée sur le concret", dit-il. "Si Rio est une vraie marche en avant sur le plan de la gouvernance, ce sera une vraie réussite".
Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, et Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, organisent le 31 janvier à Paris une conférence-débat avec des intervenants étrangers pour "'débattre de cette nouvelle gouvernance mondiale de l'environnement".
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