Le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger a appelé mercredi à un moratoire pour les forages en eau très profonde au large de l'Europe en attendant de connaître les causes exactes de l'explosion d'une plate-forme du groupe BP dans le golfe du Mexique.
"Au vu des circonstances actuelles, tout gouvernement responsable devrait geler dans les faits les nouveaux permis autorisant les forages dont les paramètres sont extrêmes", a-t-il déclaré devant le Parlement européen, à propos de la catastrophe écologique sans précédent que connaissent les Etats-Unis.
"Cela peut signifier un moratoire de facto sur les nouveaux forages jusqu'à ce que les causes de l'accident soient connues avec certitude et que les mesures correctrices soient prises pour mener des opérations à la limite des possibilités, comme c'était le cas de Deepwater Horizon", la plate-forme qui a explosé le 20 avril.
La Commission avait auparavant estimé que l'exploitation pétrolière dans les eaux de l'UE ne se déroulaient pas dans des conditions aussi extrêmes que celle du golfe du Mexique.
Le 14 juillet, M. Oettinger doit avoir deux réunions de concertation à Bruxelles avec des dirigeants de 18 grandes compagnies pétrolières, puis avec des représentants des autorités de contrôle des 27 pays de l'UE.
Il avait déjà reçu les principales firmes pétrolières actives dans les zones maritimes de l'UE le 12 mai (British Petroleum, ConocoPhilips, ExxonMobil, Repsol, Statoil et Total) pour voir comment prévenir des catastrophes comme celle qui pollue gravement le golfe du Mexique.
L'objet de ces discussions est aussi de faire le point sur le respect des standards européens et discuter des technologies actuellement disponibles.
Devant les eurodéputés, le commissaire européen a également préconisé une nouvelle "division du travail" entre Bruxelles et les pays européens.
Il s'agirait de conférer à la Commission le pouvoir de superviser les opérations de contrôle de l'industrie pétrogazière, menées actuellement au niveau national. Ce que M. Oettinger a appelé le "contrôle des contrôleurs".
Bruxelles a fixé en 1994 les normes de sécurité à respecter dans l'UE pour éviter les risques d'explosion dans les installations industrielles, ce qui inclut les plate-formes pétrolières. Mais le contrôle est resté du ressort de chaque Etat.
M. Oettinger a également évoqué une réflexion en cours sur le renforcement des capacités de l'UE à faire face à des catastrophes, via le Centre d'information et de supervision des crises dépendant de la Commission.
Il pourrait aussi être question d'élargir les compétences de l'Agence européenne de sécurité maritime basée à Lisbonne, actuellement limitées aux navires transportant des hydrocarbures.
Plaidant pour "le plus haut niveau de sécurité", le commissaire a indiqué que sur tous ces sujets, il préparait "des propositions concrètes pour les mois à venir".
"Une directive (loi) européenne devrait être prête cet automne", a précisé à l'AFP sa porte-parole Marlene Holzner
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