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Effondrement des colonies d'abeille : un réel problème

Le 02 Oct 2008, 17:53
Depuis plusieurs années, un certains nombres d’états et surtout d’ONG appellent à la vigilance et cherchent à attirer l’attention, sur la disparition massive et brutale des abeilles sauvages et domestiques (Apis mellifera et cerena). Ce syndrome d’effondrement des colonies, est appelé en anglais CCD (Colony Collapse Disorder). Ou en est-on en 2008, alors que le phénomène remonte pour certains pays aux années 60/70 ?

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Mortalité des abeilles et statistiques

La constatation est grave car les pertes peuvent monter jusqu'à 60 % des colonies aux USA et jusqu’à 90 % dans certains états de l’Est et du Sud.
40 % des ruches se sont vidées au Québec, 25 % des colonies sont décimées en Allemagne, idem à Taiwan, en Suisse, au Portugal, en Grèce et dans de nombreux autres pays d’Europe rapporte le CNRS.
Pour la première fois, une estimation des pertes financières potentielles liées à la disparition des abeilles est annoncée : le chiffre astronomique de 11 milliards d’euros pour les seuls Etats-Unis. Pour l’heure, le pays est obligé d’importer des stocks de pommes, en provenance d’autres continents.
 

Constat alarmant d’effondrement de colonies

On retrouve pourtant des traces du phénomène d’effondrement des colonies aux siècles précédents, ou l’on parle de colonies d’abeilles mourant brutalement.
Mais l’épidémie actuelle que notre société subit, présente des caractéristiques particulières.
En premier lieu, le phénomène est constaté sur toute la planète. Ensuite, la disparition des abeilles est spectaculairement rapide.
Chaque ruche atteinte, se vide et fait exceptionnel, on ne retrouve aucun cadavre. Les abeilles ne rentrent plus, pour mourir « ailleurs ».  
 

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( intérieur de ruche d'abeille )

Ce qui se passe dans la ruche

Ce syndrome d’effondrement des colonies est relativement bien connu. Il se caractérise par une absence progressive d’ouvrières. Il ne reste que quelques adultes et la reine dont est issue la colonie.
La reine continue à pondre.
On a constaté que les rares adultes notamment males restants sont plutôt jeunes mais généralement infestés par plusieurs parasites.
Le couvain est operculé (fermé) et délaissé.
Les stocks de nourriture (miel et pollen) restent en l’état. La colonie peut être attaquée tardivement par d’autres prédateurs.
 

Causes de mortalité des abeilles

A l’heure actuelle, on dénombre plusieurs critères mortels, d’origine anthropique (dû à l’homme) directe ou indirecte.
 
Les parasites « naturels » ou biologiques  des abeilles
Dans les ruches, il a été constaté la présence d’abeilles atteintes par des agents biologiques, comme des acariens parasites de la famille des varroas (Varroa jacobsoni) mais réellement arrivés en Europe dans les années 1960. Manque de chance, on constate aussi régulièrement des résistances aux traitements à ces parasites. L’épidémie peut se propager « naturellement ». Pour autant, ces pandémies n’expliquent pas les effondrements foudroyants de colonies.
Un autre problème important qui se pose, est la présence d’insectes prédateurs comme le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax), qui décime une à une les abeilles des ruches, notamment à leur sortie.
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( frelon asiatique prédateur de l'abeille )
 
Autres agents naturels, les champignons parasites. Plus précisément un champignon, qui vient des Etats-Unis, et qui se propage en Europe : Nosema cerenae. Il n’est pas à l’origine supposée des extinctions massives.
Les changements environnementaux et climatiques
Facteurs naturels d’origine anthropique directe ou indirecte, le remembrement et l’extension des zones urbanisées contribuent aussi à affaiblir les abeilles. La modification du paysage de nidification et de la baisse de la biodiversité florale (monoculture sur des centaines d’hectares) ne favorisent pas le maintient des colonies.
De plus, les derniers changements climatiques, par des phénomènes plus extrêmes (sécheresses accrues, hivers plus doux …), affaiblissent les abeilles qui sortent trop tôt de la ruche et souffrent du manque de pollens disponibles. On parle alors de décalage phrénologique.
 
Les produits phytosanitaires (pesticides)
De nombres produits phytosanitaires possèdent des phrases de risques, notamment vis-à-vis des dates de traitement -pendant les floraisons-, car la matière active se retrouve dans le pollen des fleurs. Un produit a été dénoncé récemment, le Gaucho ou le Régent, qui utilisés en enrobage de semences, perdure dans la plante de façon systémique ainsi que dans les sols, plusieurs années après.
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( semence enrobee d'insecticide )
 
De toute évidence, l’utilisation de façon systématique d’insecticides et les systémiques en particuliers (ceux qui passent dans la sève) agissent sur le système nerveux. A l’identique, les Organismes Génétiquement Modifiés, qui ont reçu le gène insecticide Bt (protéine insecticide d’un bacille appelé Bacillus thuregensis), sont montrés du doigt. L’extension massive de ces OGM peut en partie expliquer un empoisonnement, surtout que l’abeille ne possède que peu de gênes détoxificateurs dqns son ADN.
 
La pollution électromagnétique
Autre facteur et non des moindres sur la piste de ces ravages, étant la pollution électromagnétique. Des études ont montré une corrélation entre la téléphonie dite mobile et la mortalité des abeilles. D’une part les longueurs d’ondes des téléphones seraient si proche des signaux émis par les insectes entre-elles pour se repérer et communiquer les empêcheraient de rentrer à la ruche. De plus, les émissions trop fortes et en continue influenceraient leur état immunitaire. Affaiblie, les abeilles seraient donc sensibles à plus de parasitisme.
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Les solutions pour sauver les abeilles ?

Rapidement un certain nombre de solutions peuvent être mise en place.
Réglementer sévèrement l’utilisation des pesticides même si par exemple la France s’est engagée a réduire de 50% le nombre de matières actives sur le marche a l’horizon…2028 : bien trop loin !
Autre point à ne pas négliger, la préservation de prairies naturelles voire de prairie fleurie, ou la réimplantation de haies naturelles notamment dans les espaces d’agricultures intensives, que l’on appelle zones tampons. On n’oubliera pas de suivre et de prendre des mesures envers les espèces invasives.
 

Conséquences de la disparition des insectes pollinisateurs

La plupart des études portent sur l’abeille dite domestique. Elles montrent de façon claire le rôle majeur de pollinisateur, c’est-à-dire qu’elle assure à elle seule 80 % de la pollinisation des espèces de plantes à fleurs et des cultures. Avec un déséquilibre pour certaines cultures comme l’arboriculture ou maraichère, qui dépendent presque exclusivement des abeilles. Pour les maraichers, notamment en hollande, la pollinisation sous serre est palliée essentiellement via le bourdon (Bombus sp), mais n’aurait pas d’effet en site de plein champ.
Pour autant, selon l’INRA (l’Institut National de Recherche agronomique) d’autres pollinisateurs ou méthodes culturales (secouage, pollinisation manuelle ou plantes auto-fertiles) peuvent se suppléer à l’abeille, et assurer une production vivrière, pour l’homme et l’élevage, mais de façon moindre (réduction de tonnage et baisse de la diversité).
 
On peut relier clairement la disparition progressive d’insectes pollinisateurs à la disparition de la diversité florale. Mais concernant l’abeille, il serait extrêmement préjudiciable pour l’homme, de laisser le phénomène de disparition brutale des colonies d’abeilles, continuer ainsi. Notre alimentation et les flux économiques en seraient sérieusement bouleversés à l’aube du XXIeme siècle.

image ecolo-trader.fr

( Appel d'association à la sensibilisation de la disparition des abeilles : Jardin Bio, Terre d'abeilles ... )

 

Source : INRA, CNRS et Terre d'abeille
 
Par EcoloTrader

 




Posté par : EcoloTrader le 12 Feb 2009, 09:09

La molécule qui sauve les bovins tue les abeilles

(...) Des colonies entières ont, ici, été retrouvées vides. Selon les endroits, 50 à 80 % des ruchers sont perdus ». C'est ce qu'ont déclaré, hier, Bertrand Théry, l'apiculteur de Serres, membre de la commission nationale apiculture, rejoint par d'autres professionnels et des éleveurs de la Confédération paysanne 09. Sur les 30 apiculteurs professionnels de l'Ariège, 25 sont touchés par cette mortalité particulière.

Dès la fin de l'été, les apiculteurs avaient constaté une mortalité inhabituelle dans des zones de montagne sauvage, jusqu'ici épargnées. Le phénomène est allé en s'aggravant, pour culminer en décembre.

 

Intoxication à la perméthrine

« Après s'être interrogé sur nos pratiques apicoles, le fait que l'hécatombe se situe à proximité des zones d'élevage, nous a fait envisager que les désinfectants utilisés dans la lutte contre la propagation du moucheron qui transporte le virus de la fièvre catarrhale pouvaient être en cause, ont expliqué les apiculteurs. Nous avons alors effectué des prélèvements d'abeilles fraîchement mortes pour les envoyer au laboratoire d'analyses du CNRS, à Solaize. La conclusion est sans appel : intoxication à la perméthrine à des doses justifiant la mortalité des colonies ». On retrouve cette molécule dans les produits pulvérisés sur les étables et leurs abords, dans les véhicules de transport ; ce fut l'un des moyens de prophylaxie dans la lutte contre la FCO.

 

L'alerte ariégeoise dans le monde apicole régional et national, a fait remonter le problème. Actuellement, en France, concernée sur tout son territoire par la maladie de « la langue bleue », on constate des mortalités hivernales importantes d'abeilles. C'est le cas dans l'Aude, l'Aveyron, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales… mais aussi dans le Nord.

 

« Nous souhaitons que cesse la désinfectation et que l'on s'intéresse au renforcement des défenses immunitaires des troupeaux, ont dit apiculteurs et éleveurs présents à Serres. On a, jusqu'ici privilégié le souci économique non le souci sanitaire ».

Présent, le Directeur départemental des services vétérinaires, M. Jabert a annoncé qu'une mission d'évaluation composée de deux enquêteurs de la Brigade nationale d'Enquête vétérinaire et phytosanitaire (BNEVP) arrivait en Ariège, pour deux semaines. Objectif : effectuer la corrélation entre la mortalité observée et les pratiques de désinsectisation qui ont été mises en œuvre.

 

 

La Depeche.fr

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Posté par : EcoloTrader le 08 Mar 2009, 20:41
Depuis une vingtaine d'années, un mal mystérieux frappe les abeilles. Les pertes se chiffrent en millions. Les conséquences en sont désastreuses : faute de pollinisation, les arbres ne produisent plus de fruits et tout l'écosystème est menacé. Natacha Calestrémé mène l'enquête afin de démasquer le vrai coupable de cette catastrophe écologique annoncée.
 
 
 
 

Le constat est alarmant : que ce soit en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord, les abeilles meurent par millions. L'enquête est ouverte et la réalisatrice Natacha Calestrémé se penche sur ce phénomène mystérieux dont l'enjeu est ni plus ni moins la survie de toutes les espèces végétales et animales — l'homme compris.
Plusieurs pistes sont abordées par le documentaire. Le Varroa destructor, acarien nuisible aux abeilles, prolifère de façon anormale. Ce parasite originaire d'Asie, arrivé en Europe au début des années 1980, s'attaque aux ruches déjà affaiblies. Par conséquent, il ne peut être considéré que comme le facteur aggravant d'une crise plus profonde. Des chercheurs américains ont ensuite mis en cause la grippe chez les abeilles, virus à traiter avec des médicaments et facile à enrayer. Mais, là encore, les morts inexpliquées des butineuses se poursuivent. La raison est donc à chercher ailleurs : par exemple, du côté des activités humaines. Ainsi, les impulsions électromagnétiques émises par les antennes-relais semblent agir sur les abeilles comme des brouilleurs. Les ouvrières, désorientées, incapables de se déplacer correctement, perdent le chemin de la ruche et meurent. La théorie est pertinente car ces insectes, à l'instar de nombreux autres animaux, utilisent le champ magnétique terrestre pour s'orienter. Mais aucune étude ne vient appuyer cette thèse.

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