Depuis un an sur les traces de l'eau, le satellite Smos fournit des données essentielles

Le 02 Nov 2010, 18:40

Un an après son lancement, le satellite européen Smos fournit déjà des informations utiles sur l'humidité des sols et la salinité des océans, notamment au niveau de l'embouchure de l'Amazone, ce qui peut contribuer à l'amélioration de prévisions météorologiques.

"Smos remplit toutes nos attentes et même davantage", résume dans un communiqué d'Esa, l'agence spatiale européenne, Yann Kerr, directeur du Centre d'études spatiales de la biosphère à Toulouse et responsable scientifique de cette mission visant aussi à mieux comprendre le changement climatique.

"C'est un succès, on ne s'attendait pas à arriver à des résultats pareils un an après le lancement, surtout sur l'aspect océanique", a déclaré à l'AFP Nicolas Reul (Ifremer).

Après le lancement le 2 novembre 2009, il a fallu calibrer le radiomètre imageur MIRAS qui mesure à la surface de la Terre un rayonnement micro-onde variant en fonction de l'humidité du sol ou de la salinité de l'eau. La mission n'a "formellement commencé ses opérations que fin mai", selon l'Esa.

De premières cartes mondiales sur l'humidité des sols et la salinité des océans ont été publiées en juin sur la base des données de mars, précise Nicolas Reul.

Les données terrestres peuvent apporter rapidement des informations utiles pour la météo ou le climat. Quant à la salinité de l'océan, c'est un "traceur climatique sur des échelles longues, à part dans des zones dynamiques où il pleut beaucoup, comme dans l'Amazone", explique-t-il.

"Sur le panache de l'Amazone, on arrive à voir des évolutions à l'échelle de la semaine, ce qu'on n'avait absolument pas avant", poursuit-il, soulignant que les eaux de l'Amazone représentent 15% de l'eau douce arrivant dans les océans du globe.

Pour le moment, les cartes n'indiquent le degrés de salinité qu'avec une précision de 0,4 gramme de sel par litre d'eau de mer en surface. L'objectif est d'atteindre une précision de 0,1 à 0,2 gramme.

Sur certaines zones, comme l'océan Indien ou le golfe du Bengale où se déversent de gros fleuves, "des précisions inférieures sont déjà très utiles", selon Nicolas Reul, qui évoque le phénomène El niño. Les données sur la dispersion dans l'océan du panache d'eau douce de l'Amazone peuvent contribuer à la prévisions de cyclones, souligne-t-il.

Smos avait souffert de problèmes d'interférences dues à des transmissions radar ou de radio-télévision dans une bande de fréquences réservée à l'observation de la Terre et à la radio-astronomie. Selon l'Esa, ces émissions indésirables sont "graduellement éliminées".


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