Des étés plus longs, à cause du réchauffement du climat, ont permis à des marmottes nord-américaines de grossir davantage avant d'entrer en hibernation, d'être plus nombreuses à survivre au froid et de voir leur population croître fortement, selon une étude publiée mercredi.
Ces marmottes à ventre jaune (Marmota flaviventris) qui vivent à 3.000 mètres d'altitude dans les montagnes Rocheuses de l'Etat américain du Colorado, étaient adaptées à un court été suivi d'un long hiver durant lequel elles hibernaient.
"Les marmottes ne sont réveillées que quatre à cinq mois par an. Ce sont des mois très occupés car elles doivent manger, prendre du poids (...) faire des petits et se préparer à hiberner à nouveau", explique Arpat Ozgul, principal auteur de l'étude paraissant dans la revue scientifique Nature.
"Depuis que les étés sont devenus plus longs, les marmottes ont eu davantage de temps pour faire tout cela et croître avant l'hiver suivant, elles ont donc davantage de chances de réussir à survivre", ajoute le Dr Ozgul, selon un communiqué de l'Imperial College London.
Avec d'autres chercheurs d'institutions britanniques et américaines, il a pu réunir des données portant sur l'évolution individuelle et collective de ces marmottes pendant trente-trois ans, de 1976 à 2008.
La masse moyenne d'une marmotte adulte est passée de 3,094 kg, durant la première moitié de cette période, à 3,433 kg durant la seconde moitié.
Quasi stable de 1976 à 2001, la population d'une soixantaine de marmottes a connu une croissance constante (+14,2 marmottes par an, en moyenne) de 2001 à 2008.
"Des marmottes plus lourdes survivent et se reproduisent maintenant mieux qu'auparavant, ce qui a conduit à une croissance rapide" de leur nombre au cours des dernières années, soulignent les chercheurs, notant qu'une marmotte perd 40% de son poids durant la période d'hibernation.
"C'est, selon l'Imperial College de Londres, la première étude sur une espèce montrant qu'un décalage des saisons peut causer simultanément des changements dans la masse corporelle et la taille d'une population".
"Les marmottes ont fourni un nouvel exemple de la façon dont le changement climatique peut affecter la nature", note le Pr Tim Coulson qui a participé à l'étude.
Pour les marmottes, l'amélioration de la survie pourrait n'être "qu'une réponse à court terme à l'allongement de la saison de croissance", préviennent les chercheurs.
A long terme, ajoutent-ils, une fréquence accrue des été longs et secs "entrainerait une baisse des taux de croissance et une augmentation des taux de mortalité".
© 2009 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.