Barrages: l'allemand E.ON s'allie à des petits distributeurs français

Le 06 Feb 2012, 15:50

Le géant allemand de l'électricité E.ON et un groupement de petits distributeurs électriques français, Hydrocop Concessions, ont annoncé lundi leur alliance en vue de participer aux prochains appels d'offres sur les concessions des barrages hydrauliques français.

"Le partenariat pourra s'appuyer d'une part sur la compétence du groupe E.ON en matière d'hydroélectricité et de maîtrise globale des enjeux du marché de l'électricité en France et, d'autre part, sur l'expérience" d'Hydrocop Concessions "en matière d'économie concessionnaire et de relation avec les collectivités locales", ont expliqué les deux parties dans un communiqué.

Hydrocop Concessions est un groupement formé l'an dernier par huit "entreprises locales de distribution" publiques (Caléo, Ene'o, Enerest, Esl, Gaz de Barr, Sicap, Sorégies et Vialis), qui gèrent des concessions de fourniture d'électricité ou de gaz dans plusieurs régions.

En s'alliant, E.ON, qui est déjà le troisième producteur d'énergie et de gaz en France derrière EDF et GDF Suez, veut renforcer son ancrage dans l'Hexagone et en particulier ses liens avec les collectivités. De son côté, Hydrocop va pouvoir bénéficier de l'expertise, des connaissances technologiques et des capitaux du groupe, un des leaders mondiaux de l'énergie.

Selon les Echos, E.ON sera "très largement majoritaire dans l'alliance", dont la répartition exacte n'a pas été dévoilée.

La bataille pour l'"or bleu" --surnom donné à l'électricité hydraulique grâce à ses nombreux atouts (production flexible, absence d'émissions de CO2, coût de production faible...)-- s'annonce rude, les candidats se multipliant pour obtenir une part du gâteau.

Détenus en grande majorité (80%) par EDF, ainsi que GDF Suez, qui ne veulent pas perdre leurs joyaux, les barrages français sont visés par de nombreux groupes, dont l'italien Enel, le norvégien Statkraft, le finlandais Fortum ou encore le suédois Vattenfall, qui s'est allié à la SNCF, Rhodia et ArcelorMittal.

D'ici la fin 2015, 49 barrages français, regroupés en dix lots, doivent faire l'objet d'un renouvellement de leurs concessions. D'une capacité totale de 5.300 mégawatts (soit l'équivalent de quatre ou cinq gros réacteurs nucléaires), ils représentent 20% du parc hydraulique français.

E.ON espère remporter 2.000 mégawatts sur les 5.300 remis en jeu, indiquent Les Echos.

Cette mise en concurrence avait été annoncée au printemps 2010 par le gouvernement pour respecter la réglementation européenne. Mais les premiers appels d'offres, initialement attendus dès la fin 2010, se font toujours attendre et leurs dates de lancement n'ont pas encore été annoncées.


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