Les scientifiques français partis le 20 décembre ouvrir de nouvelles routes à travers l'Antarctique pour dénicher notamment une zone susceptible d'abriter des glaces âgées de plus d'un million d'années sont rentrés cette semaine à la base de Concordia au terme de 37 jours de raid.
"Le grand challenge dans les dix ans, c'est de trouver un site où il y a de la glace de plus d'un million d'années" et ainsi mieux expliquer la modification des cycles climatiques qui s'est produite à cette époque, a souligné vendredi Jérôme Chappellaz, l'un des scientifiques ayant participé à ce raid.
L'expédition, pilotée par le CNRS en collaboration avec l'Institut polaire français, a permis d'identifier une zone, à 80 km environ de la base franco-italienne de Concordia. Ce site, baptisé "point Barnola", est susceptible d'abriter en profondeur de la glace âgée de plus d'un million d'années en raison des faibles chutes de neige, condition nécessaire pour trouver une telle glace.
Les scientifiques ont procédé à un forage à 110 mètres de profondeur et cette "carotte" sera ramenée en Europe au printemps pour être analysée et ainsi mieux évaluer le potentiel du site, a précisé Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au CNRS, qui s'exprimait depuis la base de Concordia via une liaison satellite au cours d'une conférence de presse au CNRS, à Paris.
Le raid, parti le 20 décembre de Concordia, a d'abord permis d'ouvrir une route jusqu'à la base russe de Vostok, à près de 600 km, et de procéder à des mesures afin de mieux connaître le climat de cette zone inexplorée par l'homme.
L'expédition, menée en été austral, s'est déroulée par des températures de l'ordre de -20°C la journée et de -35 à -40°C la "nuit" (sachant que le soleil ne disparaissait jamais, restant simplement bas sur l'horizon).
Après un changement d'équipe à Vostok, le retour jusqu'à Concordia, où le raid est arrivé mercredi, a été consacré à identifier cette fameuse zone qui pourrait contenir, à quelque 3.000 m de profondeur, cette glace très ancienne.
A ce jour, la glace la plus ancienne que l'on ait trouvée, précisément à Concordia, date de 800.000 années.
"Nous ne sommes pas les seuls à faire ce genre de recherche, 25 pays sont impliqués, donc il y a d'autres études faites dans d'autres zones", a souligné vendredi à Paris Michel Fily, directeur adjoint de l'Observatoire des sciences de l'univers de Grenoble.
"C'est uniquement après quelques années, quand on aura toutes les informations, que l'on connaîtra le site le plus favorable", a-t-il ajouté.
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